Lundi

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Il était une fois, dans un quartier londonien, vivait une femme du nom de Red. Elle était lsi belle qu’elle attisait la haine et le fantasme chez ses habitants. Sa beauté n’était égale qu’à elle-même : sauvage, dangereuse et sensuelle. Ses lèvres étaient pulpeuses à souhait, ses longs cheveux blonds ondulait le long de son dos, ses yeux bleus profond attiraient dans ses filets les hommes les plus influençables, sa peau était parfaite de même que ses ongles toujours manucurés et ses courbes étaient terriblement bien dessinées accompagné par des jambes interminables qu’elle ne cessait de dévoiler tous les jours de l’année avec ses tenues de taille mini. Il y avait une chose qu’on ne pouvait pas rater chez elle : c’était son goût prononcé pour la couleur rouge. Elle le portait pour tout et à tout moment :  accessoires, vêtements, sous –vêtements, maquillage, chaussures. Elle variait les autres coloris en fonction de sa couleur fétiche, tant qu’ils s’harmonisaient tout va pour le mieux du monde.

Red travaillait dans un bar du nom de Lady Blue, très contradictoire avec elle. Sa patronne appréciait son travail et sa fiabilité. Elle était très active et dynamique, elle était serviable et avait le sens de l’humour. Elle était respectable et en cas de soucis avec un client désagréable, elle gérait la situation comme une chef sans bain de sang, sauf si elle en était contrainte. Ses collègues eux aussi l’appréciaient pourtant, ça n’empêchait pas certaine rumeur d’exister. La dernière en date prétendrait qu’elle aurait eu des rapports sexuels avec le Maire de la ville. Comment était- ce possible alors qu’elle n’avait jamais posé les pieds dans un bureau de vote ou même dans une mairie ? Tout ceci la fatiguait de plus en plus et malgré tout, elle était là à bosser trente-six heures par semaines et ce chaque nuit que dieu fait. Elle habitait dans un modeste appartement. Un simple quarante mètre carré tout confort intégrale,  tout ce qu’il faut pour une célibataire sans enfant comme elle. Elle possède le strict minimum : une télé LCD, un ordinateur portable et fixe, une chaine hifi, une console, internet et le câble. Elle avait aussi une voiture, une mini-cooper qu’elle surnommait Twister, mais ce jour-là, elle avait dû la laisser au garage pour contrôle technique. Red espérait que cela n’allait pas lui coûter un bras car elle avait déjà du mal à joindre les deux bouts et ça risquait de se compliquer.

Après le travail, elle rentra à son domicile à pied. Bien entendu, personne ne lui proposa de l’accompagner. Quelle galanterie, se dit-elle. Elle marcha d’un pas pressé car son appartement n’était pas tout proche de son lieu de travail. Il lui fallait trente bonnes minutes et il n’y avait plus de bus qui passait par là après minuit. La nuit était fraîche, elle resserra le pan de son manteau rouge et continua à accélérer le pas. Le claquement de ses talons sur le bitume résonnait contre les immeubles rendant la situation encore plus angoissante. Elle regarda derrière elle, personne ne la suivait. De quoi ai-je peur? pensa-t-elle alors que son cœur battait à vive allure. Soudain, un bruit retentit. Red s’arrêta net. Elle tourna la tête, toujours personne. Son cœur allait exploser dans sa poitrine tellement qu’il cognait fort. C’était alors qu’elle vit une ombre sortir dans un coin, elle se rapprocha dangereusement de l’endroit où se trouvait Red. Elle recula paniqué, prête à courir lorsqu’elle vit qu’il ne s’agissait que d’un chat qui sortait de derrière les poubelles. Elle poussa un soupir de soulagement.

– Putain! Tu m’as fait peur le chat, le gronda-t-elle. Qu’est-ce que tu fais tout seul ici ? Tu es venu me tenir compagnie ?

Au moment où elle se pencha pour le prendre, elle vit dans ses yeux une ombre qui s’approcha furtivement derrière elle. Red esquiva de justesse l’attaque de son assaillant. Elle se redressa rapidement et commença à courir. Son agresseur était beaucoup plus rapide qu’elle, il la fit tomber et lui asséna d’un coup de poing au visage.

– Tu vas la fermer salope !

– Laissez-moi tranquille !! hurla-t-elle. Au secours !!!

Mais personne ne viendrait à son aide, car aucun habitant ne s’entraidait dans ce quartier. Bon nombre de jeune fille se faisait violer dans ces ruelles et bon nombres d’individus de tous sexes et âges mourraient pour un rien au même endroit. Red se débattait comme une lionne pour ne pas être violée mais ses vêtements ne l’aidaient en rien. L’assaillant avait déjà débouclé sa ceinture et descendu sa braguette. Il maintenait fermement ces poignets au-dessus de sa tête et ses jambes étaient bloquées par les siennes. De sa main libre, il lui redonna un coup de poing au visage pour la faire taire. Elle pleurait. Elle se sentait humilier. Elle priait vainement que quelqu’un l’aide. L’avait-elle cherché ? Surement. C’était une punition.

– Ouais je vais prendre mon pied avec toi pétasse ! Tu vas voir tu vas adorer !

Il arracha son string puis enfonça son sexe dans son antre. Red le sentit entrer violemment en elle, elle poussa un cri et lui ordonna d’arrêter mais lui ne l’entendait pas de cette oreille,  il s’enfonça encore plus fort en elle savourant chacun de ses coups de butoir. Elle se faisait violée à grand coup par un inconnu dans une ruelle. Elle hurlait à plein poumon et continua à se débattre le griffant la main, lui mordant le poignet.  Pour la punir de son insolence, il la cogna par des coups de poing au visage et quitte à recevoir d’autres coups au visage et dans le ventre. Son agresseur était beaucoup trop fort qu’elle, elle n’avait aucun moyen de s’enfuir, s’en était fini d’elle. L’homme prenait plaisir à la prendre ainsi, il allait jouir, il allait la souiller encore plus qu’elle ne l’était déjà. Soudain, une chose énorme sortit de nulle part, bondit sur lui. Il roula avec le corps et se saisi de son cou. Crac. Red, dans sa peur, n’était pas sûr de ce qu’elle avait pu voir. Elle était trop effrayée pour comprendre. Il y avait là, un énorme chien avec de longue canine et des yeux gris pailleté d’or, de sa gueule coula un liquide rouge. Il l’a regardait, Red n’osait pas bouger, elle était apeurée et blessée dans son amour propre et dans son corps mais une chose était sûre son violeur était mort. Enfin elle le croyait….

 

5

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– Ça va ?

– Oui, ça va, ne t’en fait pas. C’est juste que…

– Je suis désolé… Je n’aurais pas dû…

– Quoi ?

– Bouger ma tête et …

Axandre piqua du far et baissa de nouveau la tête. Stefan trouva cela mignon, si bien qu’il fit un large sourire. Il posa sa main sur sa joue et l’obligea à le regarder.

-Tu n’étais pas en train de me raconter quelque chose ?

Axandre fut d’abord surpris par la réaction de Stefan, puis, il continua à raconter sa vie avec entrain. Stefan était au paradis. Plus tard dans la conversation, il apprit qu’Axandre avait vingt-huit ans et que c’était un amoureux de jazz. Il jouait du saxophone, ça l’aidait à rester concentrer sur ce qu’il devait faire. Il lui arrivait aussi de temps en temps d’écrire des poèmes.  Il expliqua la raison de sa visite chez sa sœur.

– Les vacances universitaires me donnent une occasion d’aller la voir et de passer un peu de temps avec elle et ses enfants.

– Elle est mariée ?

– Non, divorcée. Son ex le trompait.

– Je comprends. Et elle a combien d’enfants ?

– Trois ! Un garçon de deux ans qui s’appelle Julien et deux filles. Julia et Juliette. Elles sont jumelles et elles ont six ans.

– Elle adore les Jules dis donc, se moqua Stefan.

– Oh oui ! Et toi ? Je blablate, mais toi, tu ne dis rien. Qui es-tu ?

– Ça m’étonne que tu ne voies pas qui je suis.

– Je le devrais ?

– On parle assez souvent de moi.

– Euh…

– Je te dirais rien, ria Stefan.  Tout ce que tu as à savoir, c’est que je suis un homme d’affaires. Je n’ai pas de compagne, je n’ai pas d’animaux de compagnie, je n’ai pas d’ami, je n’ai pas de vie.

– Il n’y a rien qui te plait ?

– Oui, mais, mon travail ne me permet plus d’avoir du plaisir. Du coup, je suis un peu…

– Seul.

Stefan le regarda. Axandre s’était un peu éloigné de lui. Assez loin de son corps, mais proche de ses mains.

– Oui, seul, répéta-t-il.

– C’est triste, se peina Axandre.

– Non, c’est mieux. J’ai plus trop le temps.

– Alors, je serais ton ami.

– Pour quelle raison ?

– Parce qu’on a passé toute la nuit à discuter et qu’on s’entend bien.

Stephen ria.

– Tu as raison. Tu seras mon ami.

– Cooool !

Ils parlèrent ainsi durant de longues heures. Plus tard, Axandre commença à montrer des signes de fatigue.

– Tu devrais aller te coucher, Ax, conseilla Stefan en l’aidant à se lever du canapé.

– Je devrais aller me coucher, répéta-t-il en somnolant. Il  se fait tard et la pluie ne cesse pas…

Soudain, un coup de tonnerre retentit et fit trembler les murs. Axandre sursauta et poussa un cri tout en se réfugiant dans les bras de Stefan.

– Tu as peur ? Se moqua Stefan.

– Non… Non ! Je n’ai pas peur, juste que … Euh… Je devrais monter me coucher.

– Attends. Je vais … Je vais arranger ton lit.

– Pourquoi ?

– Disons que … Vu que tu as peur de la foudre. C’est mieux de te mettre en hauteur.

– En hauteur ? S’étonna Axandre. Tu crois que j’aurais moins peur ?

– Surement.

– Hum… D’accord !

4

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Le dîner se poursuivi dans une discussion où seul Axandre parlait. C’était un grand bavard, il pouvait passer d’un sujet à un autre sans s’arrêter. Cela ne dérangeait nullement Stefan de l’entendre débiter autant de parole à la seconde, au contraire, il adorait ça. Il ne se lassait pas de sa voix, de ses intonations, de ses mimiques et lorsqu’il s’arrêtait pour mastiquer ou pour boire une gorgée d’eau, Stephan l’assailli de question.  De plus, il ne cessait de détailler du regard Axandre dans ses moindres faits et gestes. Son corps en devenait chaud, mais il mettait cela sous le compte de l’alcool. Il avait le sourire.  Oui, ce petit inconnu lui avait rendu un sourire perdu. Un geste qu’il n’espérait plus revoir. Après le dîner, Stefan l’invita à poursuivre leur conversation autre part. Mais Axandre, aussi poli et bien élevé qu’il était,  voulu faire la vaisselle.  En entendant cela, Stefan ne put s’empêcher d’éclater de rire.

– Qu’est-ce que j’ai dit ? Se demanda naïvement Axandre qui ne comprenait pas l’hilarité de Stefan.

– Non, rien, répondit ce dernier entre deux hoquets.  J’y pense, il vaudrait mieux appeler ta sœur pour la prévenir.

– Ah oui, c’est vrai. Je peux utiliser ton téléphone ?

Stefan lui apporta son téléphone fixe. Axandre le prit et composa un numéro, quelques secondes plus tard, une longue et interminable conversation commença. Stefan s’était  calé dans son canapé, un verre de vin rouge à la main et écoutait.  Il se demanda même si c’était de famille de parler autant. Une heure plus tard, il raccrocha. Son visage était décomposé. Stefan s’en inquiéta. Il déposa son  verre sur la table de basse en verre et alla à sa rencontre. Il avait une soudaine envie de le prendre dans ses bras, mais au dernier moment, il retient son geste. Pour cacher ses tremblements, il mit ses mains dans ses poches et se plaça devant lui.

– Qu’est-ce qui se passe ? Murmura-t-il en se penchant légèrement en avant.

– Eh bien… Ma sœur ne pourra pas venir me chercher.

– Tu me l’avais déjà dit un peu plus tôt dans la soirée.

– Oui, mais… Elle ne viendra pas avant que la tempête ne se calme.

– C’est un peu normal, je dirais.

– Et…

– Oui ?

– On est où ?

Stefan plissa son front. La question lui semblait farfelue et bizarre.

– Pourquoi ?

– Elle m’a dit que je me suis trompé d’adresse.

Stefan était un peu agacé par la logique d’Axandre. Au moment où il allait lui répondre, sa main toucha la boite à bijoux. Il ferma les yeux et expira. Elle avait l’air de l’aider à réfléchir et à y voir plus clair la situation.

Reste calme, se dit-il. Ecoute-le et répond lui calmement.

Il ouvrit les yeux et son regard se plongea dans celui d’Axandre. Lui aussi semblait être inquiet, désemparé, il était presque au bord des larmes. Il devait se dire : « Mon dieu, je suis une gêne. Qu’est-ce que je fais ici ? ». Stefan avait l’impression que ce n’était pas la première fois qu’une telle maladresse lui arrivait et que c’était une première pour lui qu’il n’avait pas le secours de sa sœur.  Il voulut le rassurer, mais comment faire ? Un homme ne prendrait pas dans ses bras un autre homme comme il l’imaginait. Ce n’était pas une femme, il était loin d’en être une.  Il opta pour une légère tape sur l’épaule.

– Ne t’en fais pas. Tu peux passer autant de temps qu’il le faudra ici. Je ne te mettrais pas à la rue.

– Mais…

– Eh ! T’es mon invité, coupa-t-il en pressant légèrement  son épaule.

Axandre baissa légèrement la tête, replié sur lui-même. Son comportement confirmait les doutes de Stefan. Que pouvait-il faire de plus ?

– Tu veux t’asseoir à mes côtés ? Proposa Stefan en montrant le canapé de la tête.

Axandre hocha la tête et y alla. Toute sa bonne humeur semblait être envolée. Stefan ne voulait pas de cette monotonie.

– Tu veux me parler de toi ?

– Hum ?

– Ouais, j’ai envie de connaitre un peu plus. Toute la soirée, tu m’as parlé de nourriture, mais au final, je ne sais rien du tout sur toi.

– Oh, il n’y a pas grand-chose à dire.

– Tu en es sûr ?

– Ouais… Enfin… Non. Je veux dire, oui. Euh…

– Qu’est-ce qu’il y a ? Finit par demander Stefan. J’ai l’impression que quelque chose ne va pas entre toi et ta sœur.

– Non, non. Ce n’est pas ma sœur le souci. En fait… C’est moi le problème…

Il murmura doucement cette demi-révélation. Stefan l’avait supposé, mais il attendait plus de sa part.

– Depuis tout petit, reprit Axandre, je suis maladroit et tête en l’air. Donc les gens pensent que c’est par naïveté voire de la stupidité ou même que je le fais exprès pour attirer l’attention sur moi. Ce n’est pas vrai ! Malgré cela, ça les agace. J’essaie de m’améliorer, mais …

– C’est pas facile, termina Stefan.

– Non… Et du coup, c’est ma sœur qui m’aide.  Elle prend toujours ma défense et répare mes erreurs. Je ne veux plus qu’elle le fasse, mais … Encore une fois…

Sa voix s’étrangla et il finit par céder.  Stefan comprit mieux la situation. C’était un caractère propre à lui-même, un fardeau qu’il avait du mal à s’en débarrasser. Stefan le prit dans ses bras, non pas par pitié, ni par compassion. Il voulait le rassurer comme son cœur le lui hurlait depuis le début. Il l’attira tout contre lui et caressa ses cheveux en fermant les yeux. Ils étaient doux au toucher et sentaient bon. Stefan y posa même ses lèvres au sommet de son crâne. Il n’avait jamais connu une telle sensation avec une femme. Il continua à les embrasser lorsqu’ Axandre bougea la tête et que leurs lèvres s’effleurèrent. Stefan ouvrit les yeux et croisa le regard sans surprise d’Axandre. Le cœur de Stefan cognait plus fort que la pluie ne le faisait contre la vitre.

– Je… Tenta de se défendre Stefan.

– Je suis étudiant en droit.

– Quoi ?

– Tu m’as demandé de parler de moi, alors je te dis que je suis étudiant en droit. En dernière année de licence.

– Ah ouais ?

Stefan se sentait subitement mal à l’aise. Il posa un doigt contre ses lèvres, elle tremblait. Ce n’était pas de la peur, ni de la crainte. C’était un frisson de plaisir. Il pinça ses lèvres et passa discrètement sa langue dessus. Quel goût que ça avait ? Il n’en savait rien. Il n’était pas resté assez longtemps pour en connaitre la saveur.

Mon dieu, qu’est-ce que je fais ?

7

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Plus tard, il appela la sœur d’Axandre. Cette dernière fut surprise et gênée que son petit frère soit arrivé à son domicile. Elle ne cessa de s’excuser. Stefan exprima son souhait de garder, certes égoïstement, une nuit de plus Axandre. Elle était étonnée par sa demande.

– Pourquoi ? Mon frère a fait quelque chose de mal ?

– Non, pas du tout. Je me sens un peu gêné de le dire ainsi, mais, hum… Est-ce que vous croyez au conte de fées ?

Il entendit un petit rire derrière le combiné.

– Oh, j’y ai cru à une époque. Mais depuis mon divorce, je n’y crois plus trop.

– Je comprends, Ax m’en a un peu parlé.

– Et donc, vous vivez un conte de fées avec mon frère ?

– Oui. Attendez, comment vous le savez ?

– Disons, que mon frère à une façon de parler lorsqu’il s’agit de quelque chose ou quelqu’un qu’il aime.

– Comment ça ? Je ne comprends plus rien là.

– Il m’avait dit qu’il avait le béguin pour vous.

– Euh, j’ai écouté votre conversation à aucun moment, il n’a dit cela.

– C’est ce que je dis. Il ne le dit pas à voix haute mais il le dit d’une façon détournée à ce que moi seule puisse comprendre. Mais je ne pensais pas que vous aussi…

Stefan éclata de rire, ce qui fit rire aussi la sœur.

– Est-ce qu’il sait qui je suis ?

– Pour tout dire, non. Ax est plus concentré sur ses études et sur la musique que de se soucier de la presse people. Moi, je le sais, car je lis beaucoup de magazines. Vous ne lui avez pas dit ?

– Non et je préfère qu’il ne le sache pas.

– Tôt ou tard, il va le découvrir.

– Peut-être, mais en attendant, je veux profiter de cette réalité. Si vous me le permettez.

– Je vous l’autorise monsieur Klein. A condition, que vous ne le faites pas souffrir.

– Je le chérirais au péril de ma vie.

– Je vous fais confiance.

Après cette conversation, Stefan se sentait soulagé. Il profita de la journée pour ranger les matelas et récupéra son bien qu’il serra dans ses mains. Puis, il rejoignit Axandre qui continuait à dormir paisiblement. Le lendemain, Axandre se réveilla merveilleusement bien reposé. Il s’étira comme un chat, lorsque son regard tomba sur Stefan qui était torse nu et qui le regardait avec un sourire.

– Bonjour, salua-t-il.

– Bonjour, ronronna Axandre.

– Bien dormi ?

– Oui, sourit-il. Et toi ?

– Oui, j’ai apporté le petit déjeuner.

Stephan se retourna et prit le plateau qui se trouvait sur la table de chevet. Puis, il le posa entre eux.

– J’ai eu ta sœur hier, elle va bien et elle t’autorise à rester une nuit de plus chez moi.

– Ah bon ? Elle a dit ça ?

– Oui et aussi que tu me fais des cachoteries.

– Ah ! Euh…

– Ouais. Alors comme ça, tu as le béguin pour moi ?

En entendant cela, Axandre rougit instantanément et tenta de se cacher sous les draps. Stefan l’en empêcha.

– Eh ! Où tu vas comme ça ? Dit-il en riant.

– Je me cache ! J’ai trop honte ! Pourquoi, elle est allée rapporter ça !

– Parce que je lui ai dit que je suis tombé amoureux de toi.

– Quoi ? Dit Axandre surpris.

– Moi aussi, je suis surpris par ce que je vais te dire, mais je suis tombé amoureux de toi dès l’instant où on s’est parlé.

– Vraiment ?…

– C’est la première fois que je ressens autant d’amour pour quelqu’un que je viens à peine de rencontrer. Je n’y croyais pas au coup de foudre. Je refusais d’y croire. Et toi, tu débarques et tu me montres à quel point… On ne peut pas être heureux seul.

– Je te l’avais dit. Tu ne seras jamais tout seul.

– Je n’aurais jamais pensé que tu étais gay.

– Moi non plus.

– Techniquement, je ne le suis pas.

– Ah oui ?

– Ouais.

– Alors, tu as eu le béguin pour moi, mais tu n’as aucune idée de ce que vivre avec un homme ?

– C’est exact. Tu vas m’apprendre ?

– C’est facile ! C’est comme avec une fille.

– Je ne crois pas. Il doit y avoir un truc en plus.

– Tu verras, répondit-il en riant. Au fait, on est quel jour aujourd’hui ?

– Dimanche.

– Quoi ? Dimanche ?

– Oui, pourquoi ?

– Je pensais qu’on était samedi !

– Non, tu as dormi presque une journée entière.

– Oh mon dieu… Je suis désolé.

– Arrête de t’excuser. Tu n’y es pour rien. Tu étais fatigué, tu méritais du repos.

– Mais…

– Tiens, j’ai quelque chose à te montrer, changea-t-il de sujet.

Il sortit sa petite boite qui contenait la perle de la poche de son jean.

– Elle est magnifique, s’extasia Axandre.

– Oui, elle est. C’était un cadeau de mon grand-père. Lorsqu’il me l’avait offerte, il me disait qu’elle me mènerait à mon âme sœur.

Axandre le regarda curieux de savoir la suite

– Et je suppose qu’elle a bien fait son travail ?

– Oui, elle m’a mené à « elle ».

Leurs regards se croisèrent, Stefan voyait son reflet dans les yeux d’Axandre. Il posa sa main contre sa joue. Il hésita, car il se demandait comment embrasser un homme. Le voyant avec tant d’hésitation, Axandre prit les devants et l’embrassa avec fougue. Stefan soupira de plaisir et l’enlaça pour approfondir leur baiser.  Axandre attrapa sa nuque afin que leur étreinte dure. Ils se séparèrent uniquement pour reprendre leur souffle et se regarder droit dans les yeux.

– Tu es mon prince au petit pois, chuchota Stefan en caressant la joue d’Axandre

– Non, je suis le prince à la perle magique !

Tous deux riaient et s’embrassèrent passionnément.

Et ils vécurent heureux.

FIN

6

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Stefan lui sourit, mais il se sentait mal de lui avoir menti. Il laissa Axandre dans le salon et se rendit dans une des nombreuses chambres qu’il avait à disposition. Quand il était petit, son grand-père lui racontait l’histoire de « La princesse au petit pois ». Il ne cessait de dire que la perle qu’il lui avait offerte à son anniversaire avait le même pouvoir. Il se souvient de l’avoir essayé avec quelques-unes de ses anciennes petites amies quand il était plus jeune, mais à chaque fois, le résultat était le même : elle ne le ressentait pas.

– C’est débile ce que je fais. Ce n’est qu’un conte. Ça ne peut pas marcher.

Plus il tentait de se convaincre, plus il se disait qu’il faisait une connerie. Il prit la boite dans sa poche et sorti la perle. Il la regarda anxieux.

– Ça ne marchera pas. C’est un homme et … Putain, qu’est-ce qui ne va pas chez moi ?

Stefan était perdu. Et si ce n’était pas lui qu’il attendait ? Et si c’était une erreur ? Il n’avait jamais eu de relation avec des hommes. Il ne pouvait pas ressentir quelque chose pour lui et pourtant, son cœur s’emballe à l’idée de le voir partir ou de ne plus l’entendre. Qu’est-ce que son grand-père lui disait déjà ? L’amour, le coup de foudre… Peut-on avoir le coup de foudre pour quelqu’un du même sexe ? Visiblement, oui. Il poussa un soupir et posa la perle contre ses lèvres et murmura :

– Grand-père, j’espère que ton truc fonctionnera.

Il la plaça au centre du lit puis fit le tour des autres chambres et disposa près d’une dizaine de matelas l’un sur l’autre. Il recula afin de regarder son travail.

– C’est vraiment stupide ce que je fais…

Il soupira et s’approcha du lit pour défaire ce qu’il avait créé lorsque soudain, il se sentit trop épuisé pour tout remettre en ordre. Il essaya de faire passer cette fatigue, mais rien n’y fait, son corps refusa de réagir correctement. Il finit même par bâiller et secoua la tête. Après quelque moment de lutte, il laissa les lits tel quel. Puis, il descendit chercher Axandre qui s’était endormi sur le canapé. Stefan admira la vue depuis l’entrée du salon. Il était clair qu’il n’avait jamais ressenti ce genre de bonheur, et ce, avec n’importe qui. Que va-t-il faire si elle lui révélait la vérité ? Dans le cas contraire, comment allait-il prendre la nouvelle ? Sans vouloir l’admettre, il espérait tant de la perle. Au final, il y croyait. Rien qu’une fois, il voulait trouver le bonheur et qu’importe qui ça serait, tant qu’il était heureux, c’est tout ce qui lui était important. Il s’approcha d’Axandre et se pencha au-dessus de lui, puis murmura à son oreille :

– Réveille-toi. Il faut aller te coucher dans ton lit.

Axandre ouvrit à peine les yeux, soupira, roula sur le côté et se mit en boule. Stefan sourit, le prit dans ses bras et le porta. Il n’était pas lourd. Arrivé dans sa chambre, il l’aida à monter et à s’y installer.

– Mon lit est bizarre, ronronna-t-il d’une voix endormie.

– Dors… Nous verrons demain.

Sur ces mots, il le quitta. La nuit fut agité pour Stefan non pas à cause de la tempête qui fit ravage à l’extérieur, mais à cause de son cœur qui était dévasté par le doute. Le lendemain, le calme était revenu. La tempête n’avait fait que très peu de dégât sur sa propriété. Il se rendit dans la chambre d’Axandre, espérant lui faire la surprise en lui apportant le petit-déjeuner au lit, mais il le trouva debout, les yeux cernés, complètement ravagé par la fatigue.

– Tu m’avais promis que je me sentirais mieux si j’étais en hauteur, grogna-t-il en se frottant les yeux.

Le cœur de Stefan battait terriblement fort dans sa poitrine. Il fit mine d’être étonné.

– Oui, c’est ce que je t’avais dit et donc ?

– Ben, j’ai pas dormi de la nuit.

– A cause du tonnerre ?

– Non… Je crois que c’était à cause des matelas.

Stefan ouvrit grands les yeux.

– A cause… Des matelas ? Demanda–t-il en essayant de garder son calme malgré ses mains tremblantes.

– Oui… J’arrivais pas à dormir… Il y avait quelque chose qui me gênais, mais je …

Sur le coup, Stefan lâcha le plateau, répartissant tout son contenu au sol.

– Oh bordel…

Il était sous le choc.

La perle… Ne cessa-t-il de répéter dans sa tête.

Stefan était au bord des larmes, mais se contenta de ravaler toute cette émotion et de regarder Axandre qui lui n’était pas d’humeur à faire la discussion.

– Tu devrais te reposer un peu plus, proposa Stefan.

– Oui, mais j’ai assez abusé de ton hospitalité.

– Non. Tu n’abuses de rien. Je… Je veux que tu restes.

– Et ma sœur ?

– Je vais la prévenir. Tu peux me donner son numéro, s’il te plaît.

– D’accord…

Tandis qu’Axandre donna le numéro de sa sœur, Stefan le prit dans ses bras et le serra tout contre lui. Axandre se laissa bercer et s’endormit paisiblement. Stefan le porta dans sa propre chambre et le laissa se reposer.

2

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Des années passèrent et le jeune garçon devint un homme. Il avait repris l’entreprise familiale et continua à la faire prospérer. Il était devenu un homme d’affaire craint par tous. Il avait des ennemis dans chaque coin du monde et pourtant, cela ne semblait pas l’inquiéter plus que ça. Depuis la mort de son grand-père, il ne cessa de regarder la fameuse perle qu’il lui avait offert le jour de ses six ans.

Une perle qui permettrait de trouver son âme sœur. Quelle sottise, se dit-il au fond de lui.

C’était un loup solitaire. Il n’avait pas besoin d’avoir une femme à ses côtés. Ses parents se désespéraient de le voir marier et de fonder sa propre famille. Il les rassura tant bien que mal. Il n’était pas pressé d’en avoir une. Il aimait sa vie telle qu’il l’avait construite. Le problème ne venait pas des femmes, au contraire, s’il le voulait, en un claquement de doigts toutes celles qui le désiraient se trouveraient à ses pieds. Il n’avait pas besoin de ce stratagème pour en posséder une. Ce qu’il n’aimait pas, c’était cette façon de se comporter avec lui. Elles étaient fausses, et même lorsqu’il trouvait une qui pourrait devenir sienne, elles finissaient toujours par le quitter pour aller dans les bras de l’un de ses concurrents ou dans le lit de l’un de ses « amis ». Certaines sortes du lot, elles se croient maligne. Elles font appel à la presse people et crée le scandale du siècle. Dernièrement, l’une d’elles avait prétendu être enceinte de lui avec échographie à l’appui. Les avocats du « petit prince » l’ont démolie en un tour de main. Un piège aussi énorme que celui-là, il fallait le faire. Un ancien ami qui avait des problèmes d’argent, une ex enceinte de lui et une poule aux œufs d’or. Il fallait y penser mais là… Il était lassé par tout cela.

Pathétique, se dit-il en repensant aux faits.

Depuis cette histoire, il s’assura qu’aucune de ses conquêtes n’aient rencontré ses « amis », ni travaillées chez ses concurrents, encore moins les avoir rencontrés. Il prend un certain contrôle sur leur vie ce qui a tendance à rebuter ses futures conquêtes. Que cela tienne !

Il soupira et reporta son attention sur la perle qui était posé sur son énorme bureau. Qu’est-ce qu’elle fait encore là ? Pourquoi ne s’en est-il pas débarrassé ? Il ne le pouvait pas non plus, c’est l’un des rares souvenirs de son défunt aïeul. Il croisa les mains et les rapprocha devant son visage sans la quitter des yeux. Elle était là, fixe et stable devant lui. Elle le regardait en reflétant l’image de l’homme qu’il était devenu. Il n’y croyait plus à cette légende que son grand-père aimait tant à lui raconter. La magie n’existait pas. Tout cela n’était que futilité et connerie réservée aux enfants. Il décroisa ses mains dans un long soupir et prit la perle qu’il rangea dans son écrin avant de le mettre dans la poche avant de son jogging. Il se leva de son fauteuil et se plaça devant la fenêtre les mains dans son sweat. Il faisait encore jour malgré l’heure tardive. L’été n’était pas encore là, mais on le sentait sur le fuseau horaire. Une nuit de moins dit-on. Il ne les ressentait pas vraiment. Il dormait à peine quelques heures à cause de son travail qui lui demandait pas mal de temps. Il avait des associés dans son entreprise, mais il ne les faisait que très rarement confiance. Lorsque c’était le cas, ça ne se passait jamais comme il le fallait. Scandale, perte d’argent, procès… Tout cela devenait son lot quotidien. Il se devait de garder la tête hors de l’eau s’il ne voulait pas perdre l’un de ses biens les plus précieux. Soudain, le temps changea. Des nuages assombrirent le ciel et la pluie se mit à cogner violemment contre la vitre.

Quel temps de merde, pensa-t-il déçu par la météo.

Il s’était rendu dans l’une de ses propriétés privées afin de prendre du recul vis-à-vis de l’entreprise et de son quotidien. Seule sa secrétaire et ses parents connaissaient l’existence de celle-ci. Elle était assez grande pour accueillir une centaine d’individus, mais lui, il ne se contentait que de sa personne ainsi que la présence de quelques serviteurs qui ne passaient que deux fois dans la semaine. Il adorait sa résidence de campagne, car il était situé dans un lieu où il n’y avait pas de circulation, très peu de gens connaissait cet endroit et surtout, il n’avait pas d’habitation à des milliers de kilomètres à la ronde. La résidence était encerclée d’une forêt luxuriante. Une partie lui appartenait et l’autre était utilisée par les riverains qui adoraient, tout comme lui, s’y promener dans ce lieu calme et paisible lorsque le temps le permettait.

Au moment où il s’apprêtait à se rendre dans sa chambre pour se reposer, quelque chose l’interpella. Il fronça les sourcils et alla deux fenêtres plus loin afin d’avoir une meilleure vue de l’entrée principale. C’était alors qu’il vit un homme posté devant l’énorme grille en fer. Il était debout hors de sa voiture, trempé jusqu’aux os avec toute cette pluie et ce vent qui ne cessait de fouetter les arbres. L’inconnu semblait être paniqué et surtout perdu. Il ne cessait de regarder dans tous les sens et de bouger de droite à gauche. Il n’y avait pas de porche pour s’abriter. L’homme hésita entre aider cet inconnu ou le laisser à son propre sort. D’ailleurs que faisait-il ici ? S’il s’avère que c’était un journaliste, il n’hésiterait pas à le foutre dehors et à le trainer en justice pour atteinte à la vie privée. Finalement, ne sachant trop pourquoi il le faisait, il se rendit auprès de l’inconnu. Il sortit qu’avec un unique parapluie.

– Je peux vous aider ? Cria-t-il pour se faire entendre malgré la bourrasque de vent.

L’inconnu sursauta puis se retourna brutalement en entendant la voix qui provenait derrière lui.

– Oh bon sang, vous m’avez fait peur ! S’écria l’inconnu en se tenant la poitrine. Je… Je suis désolé de m’être arrêté en face de chez vous. Je roulais tranquillement lorsque ma voiture est tombée en panne. J’étais en route pour rendre visite à ma sœur qui habite dans la ville voisine.
– Ah ? S’étonna-t-il. Vous savez que vous êtes sur une propriété privée ?
– Ah oui ? Reprit-il sur le même ton. Pourtant, elle m’a dit de prendre cette route pour me rendre plus vite chez elle…
– Hum… Je ne crois pas, non. Il n’y a pas d’autres chemins par ici, en tout cas, pas praticable en voiture. Il n’y a qu’une forêt et on ne peut s’y rendre qu’à pied. Malheureusement pour vous, elle reste ma propriété. Donc aucun droit de passage.

Le jeune homme avait l’air d’avoir une vingtaine d’années. Il était mince, caucasien, de petits yeux vert foncé, des lèvres pales, des cheveux châtains aplatis à cause du taux d’humidité. Il ne portait qu’un simple jean usé avec un tee-shirt qui collait à sa peau. On pouvait voir au travers, son torse et son ventre mince. Il le regardait hébéter. Il ne savait vraiment plus quoi faire à l’heure actuelle. Au moins, le « petit prince » était sûr qu’il ne s’agissait pas d’un journaliste. Sauf s’il jouait parfaitement bien le rôle d’un abruti.

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–  Pourquoi n’êtes-vous pas resté dans votre voiture ? Demanda-t-il par curiosité.

– Ben… En fait… Bégaya le jeune homme un peu maladroitement, j’espérais qu’il y aurait quelqu’un qui me verrait et qui viendrait m’aider.

L’homme était surpris par la réponse du jeune homme. Il était d’une naïveté affolante. Le « petit prince » se mit à rire au détriment de l’inconnu qui piqua du far sans pouvoir se défendre.  Puis, il s’arrêta en reprenant son sérieux.

– Vous êtes bizarre comme personnage, déclara-t-il d’un coup.

– Comment ça ? S’étonna l’inconnu.

– Comme ça, répéta le « petit prince » en soupirant.

Et il ouvrit une petite porte qui se situa à gauche de lui.

– Entrer, vous allez vous réchauffer un peu à l’intérieur et appeler votre sœur.

– Merci monsieur.

Le jeune homme afficha un énorme sourire de gratitude et s’abrita aussitôt sous le parapluie de son hôte sans que celui-ci l’en invite. Mais cela ne le gênait pas, car il n’en portait nullement attention à lui. Il tremblait de froid et sa respiration se faisait saccader à cause des claquements de dents. Le « petit prince » pressa le pas, puis entra dans la maison et l’installa dans le salon devant la cheminée. Il mit des bûches afin d’augmenter la chaleur pour que son invité puisse se réchauffer. Ensuite, il se rendit dans sa chambre et alla récupérer de quoi le sécher et se changer.

– Tenez, voici des serviettes pour vous essuyer et quelques vêtements pour vous changer.

– Merci beaucoup, répondit l’étranger qui avait gardé le sourire malgré sa souffrance.

Il enleva son tee-shirt humide et commença à s’essuyer. L’homme pu détaillé plus aisément son invité. Sa peau était parfaite, pas une seule trace d’égratignure. Ses doigts étaient si longs et si fins qu’on pouvait facilement les comparer à ceux d’une fille. Le « petit prince » se surprit à l’admirer.

Mais qu’est-ce que je fous ? S’insulta-t-il en secouant vigoureusement la tête.

– Avez-vous déjà dîné ? Demanda-t-il pour se changer les idées.

L’invité de dernière minute arrêta son geste. Il fut surpris par la demande de son hôte.

– Eh bien… Bredouilla-t-il gêné, je me rendais chez ma sœur, justement,  pour dîner…
– Quand vous êtes tombé en panne, vous l’avez prévenue ?
–  Oui, mais malheureusement, elle ne va pas pouvoir venir me chercher à cause de la tempête… Et au vu du trajet que j’ai pris…

Il murmura cette dernière phrase, un peu honteux de la tournure des événements. L’homme le regarda sans sourciller.

Il est vraiment quelconque, constata-t-il.

– Comment vous appelez-vous ?
– Axandre, répondit-il rapidement. Mais, on m’appelle Ax ou Andre.
– Axandre…. Répéta-t-il d’une voix songeuse. Original comme prénom.
– Merci, remercia-t-il d’un large sourire. Et vous ?
– Stefan.
– Enchanté, Stefan !

Axandre tendit la main sans perdre son sourire jovial. Stefan regarda un cours instant cette dernière avant de l’accueilli avec poigne.

– La tempête se calmera, surement, demain dans la journée, estima Stefan. Vous avez eu de la chance que je sois là.
– Oui, je reconnais, avoua Axandre un peu gêné. Mais vous êtes sûr que je ne vous dérange pas ? Je veux dire … Euh… Vous devez sûrement être très occupé.
– Non, ça me fait plaisir d’avoir un peu compagnie, mentit-il en esquissant un sourire.
– Cool !
– Je vais vous conduire dans une chambre où vous pourrez continuer à vous changer, continua Stefan en feintant la joie de vivre d’Axandre.  Vous me trouverez, ensuite, dans la salle à manger.
– Hum… Oui… Mais, elle où est la salle à manger ?

Stefan tendit l’index vers une énorme porte blanche coulissante muni de deux poignets d’or en son centre. Axandre déglutit et se fait tout petit en voyant tant de richesse. Stefan qui ne l’avait pas quitté des yeux, se marra intérieurement. Axandre récupéra son tee-shirt et posa la serviette d’emprunt sur sa tête et suivit Stefan qui le conduisit dans l’une des nombreuses chambres que comptait sa maison. Une fois installé, Axandre pu prendre une douche et se changer. Plus tard, il se rendit, comme le lui a indiqué Stefan, dans la salle à manger. Il se demandait quel comportement il devait adopter face à une personne comme lui. En ouvrant les portes, il fût surpris par l’aspect de la pièce qui n’était pas comme il l’avait imaginé.

C’était une pièce tout ce qu’il y a de plus moderne. Elle était presque identique à celle de sa sœur. Il y avait en son centre une grande table en bois massif vernis qui pouvait contenir dizaine de personnes, des chaises élégamment travaillées et habillées. Il y avait aussi un chemin de table couleur bleue nuit qui la recouvrait  et juste à côté, se trouvait la cuisine. Il y avait un demi-mur qui séparait la cuisine de la pièce. Axandre pouvait voir Stefan préparer le repas. Il s’était demandé s’il avait du personnel dans cette maison, mais à bien y réfléchir, il n’avait vu personne d’autre que lui. Il alla s’asseoir et attendit que Stefan termine sa préparation. Après quelques minutes de patience, Stefan qui apportait les plats vers la table. Les assiettes étaient dressées d’une salade verte accompagnée d’un œuf dur couvert d’une sauce légère.

– Ce n’est que l’entrée, annonça Stefan en voyant la tête surprise d’Axandre. Le plat de résistance est au four.
– Oh… Répondit ce dernier déconcerté.

Il prit sa fourchette et goûta l’œuf. A peine avait-il mis le mets dans sa bouche qu’il ouvrit les yeux comme des soucoupes et s’exclama :

– Hum ! Cro bon, bafouilla-t-il la bouche pleine.

Stefan se surprit à sourire face à cet enthousiasme. Il essaya de le dissimuler, mais il finit par céder. Il  entreprit de manger à son tour. Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas pris le temps de dîner avec quelqu’un, lui parler, échanger un sourire, le regarder avec intérêt.  Stefan avait l’impression d’être un nouvel homme en sa présence. Il se sentait différent, moins sur ses gardes et plus apaisé. Il n’avait jamais ressenti cela auparavant et pourtant, quelque chose n’allait pas.  Axandre est un garçon et lui aussi. Ce n’était pas possible que deux hommes puissent…

– Est-ce que je peux te tutoyer ? Demanda-t-il afin de se changer les idées.

– Oui bien sûr. Je peux vous appelez Stefan ?

Attends, pourquoi il me pose cette question si je lui demande déjà de me tutoyer ?  S’interrogea-t-il.

Stefan prit sur lui-même pour ne pas répondre avec brutalité. Il se força même à sourire.

– Oui, se contenta-t-il de répondre.

Axandre lui rendit son sourire. Plus Stefan le regardait, plus il se demandait ce qu’il était. Puis, il se souvint de ce que lui racontait son grand-père. La rencontre, le coup de foudre, le désir, la passion, la séparation, les retrouvailles et l’union. Stefan ne comprenait pas ce qui se passait ce soir. Rien ne semblait aller comme il le désirait.

– Stefan ?

– Hum ?

– Je crois que le plat de résistance est prêt. Ça sent le brûler.

– Oh merde !

Stefan se précipita à la cuisine et sorti son plat du four. Le poulet n’avait pas trop souffert, fort heureusement. Il était si distrait. Il soupira et se ressaisit. Il emmena les différents plats sur la table devant les yeux ébahi de son invité.

– Miam ! S’extasia Axandre en tapant des mains.  J’ai hâte de goûter cela.

– J’espère que ça te plaira.

– Je n’en doute pas !