Chapitre 4

IMG_498614094627097

 

 

Un an plus tard.

 

Nous avons déménagé pour la belle capitale de Paris. J’ai ouvert un autre cabinet qui est toujours aménagé par Alex, toute l’équipe nous a suivis d’ailleurs. Alex est devenu chef de chantier, Hélèna qui est toujours ma secrétaire s’est trouvé un petit ami en arrivant dans la ville et Eloïse, mon assistante est restée célibataire ; elle ne désespère pas pour autant à trouver son prince charmant. On vit tous dans le 13e arrondissement, car le bureau s’y trouve également. On a emménagé ici, car j’avais besoin de prendre des distances avec la ville de Brest.

Depuis ce qu’il s’est passé, rien n’a plus été pareil : Dimitri est revenu à la charge en nous lançant des menaces de mort, soi-disant que je lui ai « volé » son petit ami et que je suis un taré. On avait dû recourir à la justice pour une ordonnance d’éloignement qui n’avait pas l’air d’avoir trop d’effet sur lui. Mon ancien patron donnait une mauvaise image de moi aux potentiels clients ainsi qu’à d’autres collègues du milieu. Je ne supportais plus les préjudices à mon encontre. La seule bonne nouvelle était la promotion d’Alex qui, par la même occasion, avait demandé une mutation.

Sinon, ma paresse y est toujours : moins forte qu’avant, mais bien là. Mon bureau est toujours en bordel, j’ai un mal fou à prendre un rythme normal sans Alex et je suis constamment fatigué, mais ça, c’est dû à mes performances au lit. Si je dois changer quelque part, faut bien commencer par là. Les weekends quand on n’a rien à faire, ben j’ai rien envie de faire, du coup je reste glander à la maison au grand désespoir d’Alex qui veut sortir. Cette année, nous fêtons nos cinq ans. Eh oui, après discussions avec lui, on a convenu de ne pas recommencer à compter les années de notre relation malgré notre séparation de courte durée. Alors que mon bureau est dans un état bordélique avec des papiers sans-dessus-dessous, Alex me fait la surprise de venir, alors que j’étais couché sur une pile de dossiers à classer.

 

― Alors c’est comme ça qu’est en réalité ton bureau, hein ? dit-il en arquant un sourcil, adossé à la porte. Pire que mon chantier.

― Tu n’étais pas censé m’appeler avant de venir ? lui reprochais-je en lançant une boulette de papier.

― Oui, répondit Alex en esquivant mon projectile. Mais, Hélèna m’a raconté une anecdote et du coup, j’étais tenté de venir voir de mes propres yeux ton bureau. Rassure-moi, tu travailles ?

― Oui je travaille, répliquais-je en faisant la moue.

― Ouais, c’est ça.

Alex vient vers moi en tendant les bras pour m’aider à me relever. Je me redresse grâce à son aide et l’embrasse tendrement.

― Allez, prends ton manteau, on sort !

― Et mes dossiers ?

― Tu ne bossais pas là-dessus, alors fais pas semblant. Dépêche-toi !! m’ordonne-t-il en souriant.

 

Je ronchonne tout en prenant mon manteau et le suis à l’extérieur, laissant Hélèna fermer le cabinet plus tôt que prévu. On prend les transports en commun sous les regards curieux, amusé ou haineux des passagers, car deux hommes qui se tiennent la main et qui sont collés l’un à l’autre alors que la rame est bondée, ce n’est pas tous les jours qu’on voit ça. Mais je m’en fiche de même qu’Alex. Après quelques stations, on arrive à Opéra. Alex m’entraîne devant le Palais Garnier où de nombreux touristes se prennent en photo devant ou/et sur les marches où d’autres s’assoient pour manger ou discuter ou pour ne rien faire.

 

― Viens, bébé, on va se prendre en photo.

― Pour quoi faire ?

― Arrête de râler et viens.

― Mais je ne râle pas, j’ai pas envie, c’est pas la même chose.

 

Alex ne m’écoute déjà plus. Il sort un petit appareil photo numérique et cale son visage à côté du mien, je le sens faire un sourire alors que moi je tire la tronche. Il regarde la photo et sourit.

 

― Peut mieux faire. Allez, on recommence.

Cette fois, je finis par sourire.

― Christian, regarde-moi.

 

Je tourne la tête et ce fut la plus belle surprise pour moi. Alex prend une photo de nous deux, s’embrassant devant l’opéra. Sans le quitter des lèvres, je l’enlace. On finit par se séparer, mais nos regards semblent être figés l’un à l’autre.

 

― Joyeux anniversaire, mon amour, me murmure Alex.

― Joyeux anniversaire, mon cœur, lui murmurais-je à mon tour en caressant sa joue.

 

On s’embrasse de nouveau et Alex en profite pour reprendre encore une autre photo à mon insu.

 

― T’en as pas marre de prendre des photos ? Lui reprochais-je en grognant sur lui.

― Non du tout ! me répond-il avant de m’embrasser de nouveau.

― Je t’aime, Alex.

― Je t’aime, mon paresseux d’avocat.

 

Et c’est ainsi qu’on a fêté nos cinq ans de vie commune, sous un ciel éclairé par de fausses étoiles. En fait, j’avais la flemme de lever ma tête. Du coup, je me suis mis à penser : « Et si les étoiles dans le ciel n’est en réalité que des étoiles de mer. Alors ce sont toutes des paresseuses. »

 

 

 

FIN

Publicités

Chapitre 3

IMG_55465031135706

Depuis cette nuit, deux mois se sont écroulés. Alex vit de nouveau chez moi et par la même occasion est redevenu mon petit ami. Il a quelques traces de cet ébat amoureux ainsi que de plein d’autres encore. Dès lors, il continue à m’aimer comme je suis et moi je fais des efforts au lit. Pas facile de s’y mettre lorsqu’on a passé quatre ans de sa vie amoureuse en étoile de mer. Alex m’encourage à sa manière pour me faire réagir même si je n’approuve pas trop sa méthode brute, mais après j’ai droit à des câlins en guise de récompense pour mon heure de dur labeur au lit.
Niveau professionnel, je suis toujours avocat et j’ai enfin ouvert mon propre cabinet. J’ai toujours ma secrétaire, Hélèna, et une assistante qui n’est autre qu’Eloïse. Mon chéri a aménagé mon cabinet, Hélèna et Eloïse ont simplement cherché l’emplacement. On se trouve toujours au centre-ville, mais un peu plus haut vers Jean Jaurès. On a loué un ancien appartement qu’on a transformé en bureau. Cette fois, j’ai mis la main à la pâte et j’ai donné un léger coup de pinceau au mur de mon lieu de travail. Alex est si fier de moi que ça se voit à son regard, son sourire, ses touchés. J’ai l’impression qu’il revit de nouveau. Moi aussi, par la même occasion. Les affaires vont bien et j’ai même reçu la visite de la cliente qui était présente le jour de mon renvoi dans mon cabinet. Elle nous a même apporté une bouteille de champagne pour nous féliciter de notre nouvelle vie et elle souhaite être ma cliente pour une autre affaire, chose que j’ai acceptée de suite. Il s’agissait d’un cas de divorce. Motif : infidélité de la part de son époux. Un avocat normal aurait traité l’affaire en moins de deux mois et demi avec un jugement à l’amiable et un travail non-stop, sauf que je ne suis pas un avocat normal : il m’a fallu quatre mois pour constituer le dossier et le finaliser pour jugement devant la cour sachant que c’était à l’amiable. Encore une fois, c’est ma secrétaire et mon assistante qui m’ont donné un coup de main pour les rendez-vous et le rassemblement de preuve. Ma cliente fut très satisfaite de mon travail malgré le retard. Elle promet de faire appel à mes services, car même si j’ai mis plus de temps que prévu, au moins mon travail est clair et non bâclé. Elle me surnomme même « l’architecte justicier » : sa logique est que les architectes sont toujours en retard dans les délais de construction et qu’en plus je suis avocat. Les deux vont de pairs. Le soir même, je relate à Alex ce qu’elle m’a raconté, sa seule réaction fut de se moquer de moi et d’approuver la logique de ma cliente. Lui-même, me surnomme son « étoile de mer » ou « Patrick » en référence au personnage du dessin animé Bob l’éponge. Je ne comprendrai jamais les humains actifs. Je ne me plains pas de ce qui m’arrive, tant que tout va pour le mieux dans mon couple et dans ma vie professionnelle.

Un soir, Alex m’emmène au bar L’Happy café. Ça fait longtemps que je n’y étais pas revenu avec lui. Avant, c’était pour nos rendez-vous amoureux lorsqu’il était toujours au centre de désintoxication et un peu plus tard, on revenait pour prendre un verre ou deux afin de lancer le weekend après une semaine de travail acharné pour lui : il voulait toujours décompressé le vendredi lorsque le travail au chantier devenait trop pénible. On s’installe à une table et Alex part commander des boissons au bar. Quatre ans… pensais-je avec nostalgie, je me demande si notre séparation nous fait recommencer tout à zéro ? Je n’ai pas envie non plus de tout recommencer. Il faut qu’on fête nos quatre ans ! Perdu dans mes pensées, je ne fais pas attention à la présence d’un inconnu à notre table. C’est en pianotant sur la table que je le remarque.

― Euh… Désolé, mais il y a déjà quelqu’un à cette table.
― Je sais. Le mec au bar avec les cheveux noirs rasés court. C’est ton copain ? demande l’inconnu en me toisant.
― Oui il l’est, et vous, vous êtes qui ?
― Celui qui l’a baiser, réplique-t-il odieusement.
― C’était donc vous, lançais-je avec mépris, chose que j’ignorais être capable.
― Ah, je vois, me sort-il sûr de lui. Il t’a dit qu’il était avec moi. Donc, tu dois être celui pour qui il m’a largué comme une vieille chaussette.
― Je suis navré que ça soit terminé ainsi pour vous, mais il a fait son choix. Et ce choix, c’est moi, répliquais-je, quasi agacé par l’intervention de cet homme à ma table.
― Il ne t’appartiendra pas bien longtemps ! Tu diras ce que tu veux, il se lassera de toi et là, je le récupérais, sois-en sûr.

Sur cette phrase remplie de menace, il se lève puis se dirige droit vers le bar où il retourne brutalement Alex pour l’embrasser à pleine bouche. Mon cœur rate sérieusement un battement, je crus même que j’allais m’évanouir. C’est alors que je vois Alex le repousser violemment et lui envoyer un coup de poing dans la figure. Il s’en suivi une sérieuse bagarre entre les deux hommes. L’agent de sécurité qui était à l’entrée les sépare ainsi que d’autres clients alors que les coups s’enchaînent de toutes parts. L’inconnu nous lance des insultes assassines avant d’être mis à la porte du bar sans ménagement par l’agent de sécurité. Alex semblait être perdu : son regard est si triste. Je le rejoins aussitôt au comptoir, puis demande au barman des glaçons et de l’alcool fort. Ce dernier nous offre même un verre gratuit pour ce désagrément. Je le remercie avec un sourire et m’excuse, car dans cette histoire, on est fautif… Je prends les glaçons, les mets dans un mouchoir et le passe près de l’œil d’Alex où un bleu commence déjà à faire son apparition.

― Suis désolé, Christian… Je savais pas qu’il serait là et…
― C’est rien, mon amour, murmurais-je en le soignant doucement, alors c’est lui le fameux jeune homme que tu as sauté en essayant de m’oublier ?
― Ouais… il s’appelle Dimitri et c’était un ancien collègue de boulot.
― C’était ?
― Ouais, on m’a transféré sur un autre chantier durant notre séparation et AÏE !
― Oups pardon !
― Tu l’as fais exprès, me reproche-t-il en me souriant.
― Peut-être, dis-je innocemment avec un sourire. Dis-moi, commençais-je en passant la poche de glaçon sur son visage, comment t’es-tu fait cette cicatrice ?
― Celle que j’ai sur la joue ?
― Parce que tu en as plusieurs ?! dis-je totalement surpris.
― Ouais, j’en ai une sur la cuisse droite, mais elle a bien cicatrisé donc on la voit pas trop. Une autre sur le dos, hormis tes griffures, et…, il prend une pause pour réfléchir avant de reprendre : une sur l’avant-bras. Ici.

Alex me montre ladite cicatrice qui est assez longue, mais fine. On dirait qu’il a reçu un coup de couteau. Il me regarde bizarrement, je suppose que ma tête est marquée par l’effet de surprise. Pour cause, j’ignorais qu’il y avait une autre cicatrice sur son corps. Quel piètre compagnon que je fais !

― T’en fais pas, c’est rien de grave, dit Alex pour me rassurer. Alors celle de la jambe droite c’était une balle que j’avais reçue. Elle a traversé ma jambe, j’ai pas de séquelle. Celle du dos c’est dû à un coup reçu dernièrement avec un câble électrique. Un instant d’inattention et paf ! ça a fait des Chocapic ! Il rit puis reprends : selon le doc, je serais bientôt guéri. Tu vois, tu n’as pas à t’en faire. Et pour la joue… eh bien, c’est Julien qui me l’avait fait.
― Julien ?
― Ouais… mon ancien meilleur ami…
― C’était avant ton arrestation, je suppose.

Il se contente de hocher la tête.

― Tu veux savoir comment ça s’est passé ?

J’acquiesce et il reprend :

― Ce soir-là, j’étais avec un parfait inconnu. J’étais complètement défoncé et… et je le baisais. Julien était rentré plutôt que prévu et en entrant dans ma chambre, il nous a vus. À ce moment-là, il était devenu fou de colère et j’ai pu voir son dégout envers moi, il m’a blessé d’un coup de couteau au visage. Assez fort pour me marquer…

Je ne sais plus quoi dire à ce moment-là. Je lui prends la main et la serre.

― Ce n’est pas ta faute…, le rassurais-je. Tu n’y es pour rien.
― Non, mais si je l’avais dit plus tôt…
― Ça n’aurait rien changé, je pense.
― Si. En fait, si je l’avais dit plus tôt, je ne t’aurais pas connu. Je ne serais pas drogué, je ne serais pas passé en jugement et… tu ne serais pas dans ma vie à l’heure actuelle.
Sa déclaration me décroche un sourire, je l’embrasse doucement.
― Tu as raison. Alors tu as bien fait. Sinon, on fait quoi ce soir ?
― Je ne sais pas… elle est un peu gâchée notre soirée avec ce qui s’est passé. Si tu veux, on rentre à la maison et…
― Non, rien n’a gâché notre soirée. J’ai envie de rester avec toi, ici. Et en plus, on a droit à une boisson gratuite, donc profitons-en !

On rit tous les deux et nous continuons la soirée au bar. On a même fait un karaoké. C’est la première fois que je m’amuse autant avec mon amoureux. En fait, c’est la première fois que je m’amuse tout court. J’ai même laissé ma carte de visite en précisant que je suis un « excellent paresseux avocat » et qu’il pouvait faire appel à mes services. Alex et moi rentrons à l’appartement où on a passé une nuit d’amour des plus agité, aidé par l’alcool, l’amusement, le désir et la jalousie paresseuse. Cette nuit encore, je me retrouve sur lui, sa queue en moi et lui, tenant la mienne en la masturbant. On jouit ensemble comme à notre nouvelle accoutumée. Je me couche à ses côtés tandis qu’il va chercher de quoi nous mettre au propre. Une fois totalement clean, Alex me prend dans ses bras pour ma séance « récompense câlin ». Je m’apprête comme à mon habitude à m’endormir, mais cette fois, il dit quelque chose qui attise mon réveil d’un bloc ou plutôt me surprend.

― Bébé, je veux que tu me prennes.
― Quoi ?
― Je veux que tu me prennes. Pas comme tout à l’heure, mais… enfin, je t’ai toujours pris et toi tu prends ce que tu veux de moi. Cette fois, j’ai envie que ta queue soit dans mon trou.

Encore une fois, son langage est cru et direct. De la parole au geste, il se saisit de mon sexe et se met à le masturber pour le rendre aussi dure qu’avant. Alex m’embrasse avec amour et passion, comme pour me supplier. Je souris contre ses lèvres en me demandant si je saurais m’y prendre. Je n’ai jamais pris qui que ce soit. Angoissé, stressé et paniqué, je tente le coup en me rappelant tout ce qu’il me fait durant nos séances de kamasutra.
Je me libère de son emprise et me glisse vers son sexe érigé. Avec douceur accompagnée d’un léger tremblement des mains, j’écarte ses jambes.

― Non attends, Chris, t’es pas obligé de le faire… je… aaaahhh !

J’ai cessé de l’écouter et ne fais que suivre mon cœur. Je veux lui montrer à quel point je l’aime et que je peux moi aussi montrer mon amour à ma manière. Du bout de la langue, je touche timidement la chair entre ses couilles et son anus, visiblement c’est un bon début, car je l’entends gémir sensuellement. Je continue en passant ma langue sur ses boules, il frémit de plaisir. Par ma simple volonté, je prends en bouche l’une d’elle que je suce ardemment. Je l’entends gémir, ce qui me fait énormément plaisir et mon cœur me le fait le comprendre parce qu’il bat la chamade. Savoir que je suis moi aussi capable de lui donner ce qu’il veut me rends terriblement heureux. Je continue à les sucer l’une comme l’autre puis prends dans mes mains son sexe que je masturbe avant de le lécher comme je le fais avec une glace en bâtonnet ou en cornet. Alex semble être parti ailleurs, je l’entends gémir et haleter par intervalle. Je me souviens de ce qu’il m’avait fait dans la douche quelques semaines auparavant, je mets sa queue dans ma bouche et la glisse tout le long en essayant d’arriver jusqu’à la garde, mais je manque de m’étouffer. J’entends Alex glousser ce qui me fait rougir, il s’apprête à me repousser, mais je l’arrête en le suçant de nouveau. Ainsi, je fais ma première fellation. Finalement, ce n’est pas si désagréable de la faire. Je continue à lui donner ce plaisir durement gagné, caressant de ma langue son gland et de mon doigt l’entrée de son corps. C’est si réel que moi-même j’ai du mal à y croire. Et pourtant l’image que j’ai en face ou plutôt sous moi, est si magnifique à voir. Comment ai-je pu passer à côté de ça ? Je me redresse et prends mon sexe pour laisser couler un peu de salive sur ma queue, étale le liquide qui sers de lubrifiant et entre doucement en lui.

― Je ne sais pas si…, dis-je inquiet.
― Fait-le, mon amour, n’ai pas peur, gémit Alex en me regardant de ses yeux verts brillants d’amour.

Je continue de m’enfoncer, lui arrachant un grognement. Au moment où je décide de m’arrêter, il me retient et bouge ses hanches en signe d’encouragement. Je suis le chemin qu’il me montre en prenant appui sur ses jambes écartées et le pénètre plus loin et plus fort, cherchant à lui donner tout ce que je n’ai pas l’habitude de donner. Je me penche sur lui et l’embrasse, mordille sa lèvre inférieure, alternant suçotement et caresse avec ma langue. Je continue ainsi à le marteler jusqu’à ce qu’il jouisse contre moi, ce qui provoque ma propre vague de jouissance. Je m’allonge sur lui, totalement apaisé et satisfait. Le calme après la tempête, dira-t-on, et bien c’était le cas. Je lui ai fait deux fois l’amour et deux fois je suis comblé ET crevé. J’écoute les battements de son cœur, ce son si merveilleux.

― Je t’aime, Alex.
― Je t’aime, Christian.
Sur ces doux mots, je m’endors avec un large sourire.

Chapitre 2

IMG_193941960730334

Je réfléchis à cela durant de longues heures avant de m’endormir, pour me réveiller dix minutes avant la reprise du boulot. Alex ne m’a pas réveillé vu qu’il n’était plus dans l’appartement. Merde cette fois, je suis vraiment en retard !!! Une fois arrivé au cabinet, l’orage éclate. Mon rendez-vous de neuf heures était déjà là et Hélèna s’en occupait le temps que je m’installe en présentant mes excuses à la cliente. La porte de mon bureau s’ouvrit dans un grand fracas et nous voyons mon patron rouge de colère.

― Cette fois, vous ne direz pas que vous étiez à l’heure ! Je vous vire Alexander !!! vocifère-t-il à mon encontre.

Je suis choqué par ce qu’il venait de dire. Il me vire ? Parce que je suis en retard pour cette fois ? Je serre les poings et mords l’intérieur de ma joue pour ne pas pleurer. Je finis quand même par poser la question.

― Pourquoi ?
Il s’arrête de parler et me regarde.
― Pourquoi quoi ? me demande-t-il avec son regard haineux.
― Pourquoi vous ne l’avez pas fait auparavant ? J’arrivais en retard il y a bien longtemps de cela. Pourquoi vous ne m’avez pas renvoyez à ce moment-là ? Pourquoi c’est maintenant que vous le faites ?
― Pourquoi ? rétorque-t-il avec dédain. Parce que je ne veux pas d’énergumène comme vous dans mon cabinet. Je ne veux pas de gens « sale ». Je reconnais que vous êtes compétent, mais vous êtes d’une telle paresse que ça en devient insoutenable.
― Quand vous m’avez embauché dans votre cabinet, vous saviez ce que j’étais. Alors, pourquoi m’avoir donné ce boulot ?
― Ce que vous êtes ? lance-t-il en haussant le ton. Vous êtes une aberration, une erreur de la nature.

Il me regarde avec dégoût. J’ai eu un doute là où il voulait en venir. Mon corps se mets à trembler non pas de colère, mais de panique. J’ai peur de ce qu’il va me dire et surtout de ce qu’il risque de faire.

― Mais de quoi vous parlez ?
― Vous et votre compagnon, crache-t-il. Vous salissez l’image de mon bureau !

La vérité éclate enfin au grand jour : il savait pour moi et Alex et passait ses nerfs sur mes soi-disant retards et mon travail non achevé. En réalité, il n’aime pas les couples homosexuels et il en a profité qu’une cliente fut présente pour me le cracher au visage. Avant même que je n’aie pu voir ce qui se passait, je le vois foncer vers le coin de mon bureau. Il prend les cadeaux d’Alex, ouvre la fenêtre et les balance dans la rue au-dessus des passants, créant un scandale inimaginable. Je suis sous le choc. J’ai plus du tout suivi de ce qui s’est passé par la suite, car je me précipite hors du bureau pour récupérer mes « cadeaux » sur le trottoir. En ramassant les vêtements, je remarque des déchirures. Il avait dû fouiller les sacs avant que j’arrive au bureau et dans la chute, la bouteille de parfum s’est brisée, répandant ainsi tout son contenu parfumé ; à ce moment-là, mon portable se met à vibrer et voit s’afficher à l’écran le nom d’Alex. Je réponds sans faire trembler ma voix.

― Allô.
― Salut, j’te dérange pas trop…
― Non ça va, je prenais une pause.
― Christian… j’ai réfléchi à notre couple et euh… Christian, je te quitte, ça ne va plus entre nous.

Voilà comment je suis arrivé à la situation du début. J’ai perdu mon travail à cause de mon amour et j’ai perdu mon amour à cause de mon manque d’enthousiasme… Je raccroche lentement et garde le portable en main ; je baisse la tête et mon corps entier se met à trembler. Putain, qu’est-ce que ça fait mal d’avoir tout perdu… J’entends la voix d’Alex répétant en boucle qu’il me quitte et parallèlement j’entends au loin celle d’Hélèna et de la cliente qui se rapprochent de moi. Elles semblaient si peinées. Je sens qu’elles essaient de me rassurer, mais leurs mots ne me font pas d’effet, seuls ceux d’Alex tournent en boucle dans ma tête. Je…

― Il…, dis-je presque en larme.
― Christian…, dit Hélèna inquiète, ça va aller. On prend tes affaires et on se casse d’ici, j’aurais jamais cru qu’un mec pareil pouvait être…
― Il m’a quitté…
― Quoi ?
― Alex… Il m’a quitté, finis-je par dire en pleurant.

Je m’en fiche que les gens me voient pleurer. Putain ! Je suis effondré dans les bras d’Hélèna en répétant « Je l’ai perdu ». Je suis qu’un con, un vrai con.

Depuis que j’ai perdu mon travail et mon petit ami, je me sens comme une loque. Enfin, pire que d’habitude. Hélèna et la cliente m’avaient aidé à récupérer mes affaires. La seule chose que j’ai pu conserver de cet échec amoureux : c’était le bouchon du flacon de parfum. Je ne me souviens plus de la marque, mais ça sentait terriblement bon. Rien que de penser au fait qu’il aurait pu convenir à Alex me fait pleurer comme un bébé. Lorsque je suis rentré à mon appartement, Alex n’y était plus. Il avait déjà pris ses affaires. Cette situation avait fini par m’achever. Dès lors, je n’ai fait que rester dans cet état semi-comateux. Quelques jours après cet incident, Hélèna a démissionné du cabinet et j’ai été remplacé par un autre jeune sorti à peine des études, selon ce qu’Hélèna a pu me dire avant son départ du bureau. Elle continue de s’occuper de moi, non pas comme une secrétaire, mais plus comme une amie, toujours selon ses dires. Chaque jour, elle s’assure que je mange, bois, prend une douche et que je dorme. Alex n’étant plus là, je ne vois pas pourquoi je dois continuer à faire des efforts de conduite.

Un jour, alors que j’avais cessé de compter les jours de la semaine, je me couche sur le canapé puis me recroqueville, la tête posée là où Alex avait l’habitude de s’asseoir. Je tiens fermement dans ma main droite le bouchon rescapé. Muni de ma couette, je me recouvre jusqu’au menton. Le silence règne dans l’appartement entier, plus je repense à Alex, plus je ne cesse de pleurer à chaudes larmes. Les semaines sont passées depuis notre rupture et moi, je n’ai pas osé l’appeler après cela pour lui expliquer la situation, ni recoller les morceaux. Dans ma fatigue de réflexion, je finis par m’endormir. Je ne sais pas combien d’heures s’est écoulées, mais une chose est sûre c’est qu’à un moment, j’ai entendu la voix d’Hélèna ainsi que celle d’une autre femme et… celle d’un homme ? Je ne sais pas ce qu’elle prépare, mais la moindre des choses est de me prévenir avant d’organiser un dîner à mon domicile. Je soupire, totalement blasé et tente de me rendormir malgré les voix. Un instant plus tard, je sens qu’on effleure mon front. Je soupire de nouveau et m’enfonce encore plus sous la couette.

― Christian… mon cœur, réveille-toi…
Mon cœur ?
― Christian, lève-toi, faut que tu manges, dit la voix inquiète qui m’est fortement connue.

J’entrouvre les yeux et vois de façon floue un visage qui m’est familier. Au début, j’ai cru que mon imagination me jouait des tours et qu’il s’agissait d’une blague d’Hélèna. Mais en y regardant mieux malgré ma « non-volonté d’agir », je finis par voir le visage de mon ange.

― Alex ?… j’ose demander d’une voix enrouée.
― Oui, c’est moi, me répond-il avec douceur, je suis là maintenant.

Sans réfléchir, tout en lenteur, je tends les bras vers lui et lorsque le contact fut établi, mon cœur rate un battement, ne réalisant pas qu’il était là en face de moi. J’éclate en sanglots avant même de l’avoir attiré vers moi. Alex avait fait le reste du trajet.

― Je suis là, mon cœur. Je suis là…, me chuchote-t-il à l’oreille tout en me caressant le dos.

Je suis secoué par mes sanglots qui n’en finissent plus. Après quelques minutes de consolation, je finis par lui poser la question du « Pourquoi ? ».

― Je devais m’éloigner de toi. Réfléchir à tout ça, dit-il d’un air abattu. Être loin de toi m’a permis de voir plus clairement ce que je ressens et de me dire que…
― Que je ne te mérite pas ? lui murmure à l’oreille.
― Non. Que je suis qu’un pauvre con qui a gâché quatre ans d’amour sincère.

Je soupire et l’embrasse dans le cou. Son corps se mit à trembler légèrement, ce qui me fait sourire.

― Et moi donc, dis-je d’un simple souffle.
― Non, toi tu es ce que tu es. Tu es Christian Alexander, paresseux de fonction et avocat au grand cœur.

Je perds mon sourire lorsqu’il parle de mon ancien métier. Je soupire et pose mon front sur son épaule.

― Je sais pour ton renvoi, continue-t-il à me chuchoter en me caressant, Hélèna m’a tout raconté. J’ignorais qu’il était homophobe. Si j’avais su…
― Ça n’aurait rien changé à la situation.
― Si. Tu serais à ton bureau en train de potasser sur des affaires et tu aurais pu garder ton job.
― Mais je t’aurais perdu quand même…, répliquais-je d’une voix triste.
― Je veux plus te perdre, Christian. J’ai merdé et je regrette amèrement ce qui s’est passé.

En disant cela, il pleure à son tour sur mon épaule. Cette fois, les rôles sont inversés : je le console en l’abreuvant de câlins et de mots doux. Il m’est revenu. Mon Alex est revenu et c’est tout ce qui m’importe à présent. Une voix féminine se fait entendre durant l’instant câlin.

― Messieurs, le dîner est prêt. Alex, si tu veux bien t’occuper du « truc » que tu tiens entre tes bras, je te serais reconnaissante, dit Hélèna sur un ton impérieux. Je me suis suffisamment occupé de lui durant deux semaines d’affilée, alors c’est à ton tour.
― Avec plaisir, lui répond Alex en me faisant son plus beau sourire.
― Et ne restez pas trois plombes dans la salle de bain ! Je vous ai à l’œil ! crie-t-elle en riant suivi d’un clin d’œil.

Il me prend dans ses bras telle une princesse en détresse – au combien je le suis – et m’emmène dans la salle de bain. Une fois les pieds posés au sol et qu’il ait fermé la porte à clé, nous nous embrassons follement, comme si on ne s’était pas vu durant des années. En voulant prendre son visage en coupe, je lâche le bouchon que j’avais en main. Ce dernier tombe sur le pied d’Alex. Il le regarde, se baisse pour le ramasser puis l’examine.

― Qu’est-ce que c’est ? demande-t-il en le tournant dans ses doigts.
― C’était l’un des cadeaux que je devais t’offrir pour notre anniversaire, dis-je d’une voix triste.
― Ah oui ? s’étonne-t-il, il est où le reste du corps ?
― Détruit lors d’une chute…, chuchotais-je tristement en baisant la tête.

Alex relève ma tête et m’embrasse délicatement avant de se séparer de mes lèvres pour me placer devant la cabine de douche. Il prend son temps pour me déshabiller, profitant ainsi pour me caresser délicatement la peau. Des frissons me parcourent le corps et ma respiration se faisait plus haletante. Une fois mis à nu, il me conduit à l’intérieur de la douche et ouvre le robinet.

― Hum… tu ne te déshabilles pas ? m’étonnais-je. Tu vas attraper froid…
― Ne t’en fait pas, mon cœur, j’ai de quoi me changer.

Il m’embrasse de nouveau comme pour taire mes dernières questions. Je ferme mes yeux et savoure son doux baiser : si léger, si fin, si agréable. Ça ne fait que deux semaines qu’on ne s’était pas vu, pourtant j’ai l’impression que ça fait des années voir des siècles. Deux semaines sans lui, c’était horrible !! Il m’a terriblement manqué. Ses lèvres quittent les miennes pour glisser le long de mon cou. Les bruits de succion ainsi que ma respiration haletante se mêlent au son de l’eau qui cognait sur la céramique. Mon cœur palpite et ma queue est quasi debout. Bordel, ça m’a vraiment trop manqué. J’empoigne les cheveux courts d’Alex lorsqu’il arrive à la zone sensible. Il l’effleure, il souffle légèrement dessus, passe la pointe de sa langue sur ma verge, puis sur mon gland en le contournant, avant de l’engloutir complètement. Un son rauque jaillit de ma gorge, resserrant ma prise sur ses cheveux. Il entame un va-et-vient très lent et je le regarde faire. Yeux dans les yeux, il me montre ce qu’il sait faire. D’un coup, je le vois avaler ma queue jusqu’à la garde. Oh mon Dieu ! Si je n’avais pas eu cet instant de retenue, j’aurais fini par éjaculer dans sa bouche. Alex, recommence alors son absorption que j’ai cru sentir à un moment le fond de sa gorge. Je halète de plus en plus, mon cœur s’affole et mes jambes ont de plus en plus de mal à me maintenir debout.

― Non, s’écrie-t-il en sifflant entre les dents sans me lâcher du regard, tu ne fais rien sans que je te le permette.
― Mais…, suppliais-je tout en bougeant doucement mon bassin.
― Non, Chris, réplique-t-il en serrant son emprise sur ma queue, tu ne jouis pas sans que je t’en donne l’ordre.

Je finis par céder à son ordre et m’accroche fermement à ce que je tiens depuis le début. Alex reprend son lent mouvement buccal, m’obligeant à gémir sans retenue dans la salle de bain. Hélèna et l’invité mystère doivent sûrement m’entendre depuis le salon. Je suis au bord de l’explosion et je n’entends toujours pas son ordre. J’ai envie de lui désobéir et de me décharger dans sa bouche là, maintenant. Mais je ne le ferais pas, car j’aime ce qu’il me fait. Toute cette lenteur me rend fou de plaisir, j’en veux plus encore. Sa bouche avalant ma queue, ses mains sur mon cul : le cocktail parfait qu’il me fallait pour revivre.

― Alex…, suppliais-je entre deux gémissements.
― Vas-y Chris… vas-y, jouis pour moi, dit-il en me masturbant avec sa main.

Et dans un effort de relâchement, je me vide entièrement sur son visage et dans sa bouche.

Une bonne heure plus tard, on revient dans le salon après s’être correctement douché puis changé. Hélèna nous a un peu engueulés, car on a pris trop de temps selon elle. Le mystérieux invité n’est autre qu’Eloïse, mon ancienne stagiaire. J’ignorais qu’Hélèna avait gardé contacte avec elle. On finit par dîner tous ensemble et à passer le reste de la soirée à parler de tout et de rien : boulot, sexe et à jouer à des jeux complètement inutiles. À minuit tapant, tout le monde fini par quitter l’appartement. Alex, qui après avoir raccompagné les filles au tram, revient et me dévore les lèvres. Je m’accroche furieusement à lui ne voulant plus jamais le quitter.

― Tu ne pars pas ? Osais-je demander avant de l’embrasser de nouveau.
― Non, finit-il par me dire entre deux baisers. Chez moi, c’est ici et nulle part ailleurs.
― Tu m’as manqué…
― Je sais, mon amour, je suis désolé de t’avoir fait souffrir.
― Tu es revenu, c’est ce qui compte.
― Oui c’est ce qui compte. Viens, allons dans la chambre.

Il me prend la main et m’entraîne dans notre nid d’amour, là où je n’ai pas pu remettre les pieds depuis son départ. On se déshabille et on s’allonge sur le lit en se collant l’un à l’autre, entrelaçant nos jambes et nos doigts. On reste ainsi silencieusement durant un long moment. Je suis tellement heureux et comblé que je me laisse emporter par le sommeil, sourire aux lèvres.

― Eh bébé, t’endors pas, j’ai quelque chose à te dire, murmure-t-il en me caressant la joue.

Je relève la tête et le regarde légèrement endormi.

― Qu’est-ce qu’il y a ? demandais-je entre inquiétude et fatigue.
― Je ne sais pas comment te le dire, commence-t-il en serrant nos doigts comme il ne l’a jamais fait. J’ai… j’ai eu une relation avec un autre mec durant notre séparation.
― Quoi ? dis-je complètement surpris et bien réveillé.
― J’ai couché avec un autre. Enfin, pas vraiment. Je… je me disais que c’était sûrement une bonne chose qu’on se soit séparés. Alors pour tout oublier et faire l’impasse, je suis allé au bar pour me saouler la gueule et c’est là que je l’ai rencontré. On a discuté et on s’est revu, après… après on a commencé à s’embrasser et… et c’est parti ainsi.

Tout en me racontant cela, il me serre de plus en plus fort les doigts. Ses mains sont toutes tremblantes. J’essaie de l’apaiser, mais savoir qu’il a couché avec un autre après/avant moi, ça me… ça me fait quoi déjà ? Alex continue son récit sans me quitter des yeux :

― Un soir, alors qu’on allait coucher ensemble pour la deuxième fois. Je n’osai pas aller plus loin. Il était bon au lit, ce n’était pas ça le problème. Il était tout ce que je pouvais attendre d’un compagnon, mais…mais ce n’était pas toi, dit-il d’une voix tremblante. Tu n’étais pas là, allongé sous moi, à me toucher, à me dire que tu aimais ce que je te faisais, à dire que tu m’aimais. J’avais fermé les yeux et je me disais que c’était toi. Je te voyais comme maintenant, tu étais si beau dans mes fantasmes et si souriant, chuchote-t-il en me caressant délicatement la joue, j’ai pas pu continuer. J’ai tout arrêté. Je lui ai dit que je t’aimais toujours et que je ne pouvais pas aller plus loin avec lui, car cette relation n’était qu’une illusion. J’ai pris mes affaires et je me suis cassé de son appart. C’est là qu’Hélèna m’a appelé pour me raconter tout ce qui s’était passé. Je m’en voulais tellement de t’avoir abandonné à ce moment-là.

Toute cette confession me laisse perplexe. Il m’a remplacé par un autre, mais finalement l’autre fut remplacé par moi. C’est à n’y rien comprendre. Je ne sais pas si je dois me sentir heureux ou en colère face à cela. Une chose est sûre : c’est qu’il pleure et moi, je le serre dans mes bras comme pour le consoler ; je veux lui dire quelque chose, mais aucun mot ne franchit ma bouche.

― Christian, déteste-moi ! dit-il en sanglotant. Mets-y toute ta haine ! Dis que je suis un con, un salopard, un connard de première. Dis que tu ne veux plus de moi pour ce que je t’ai fait. S’il te plaît, dis quelque chose, merde!!!!

Malgré ses supplications, rien ne vient. Je ne fais que lui caresser le dos, tentant d’apaiser ses spasmes dus à ses larmes.

― Aïe ! s’écrie Alex, tu me fais mal.

Sans m’en rendre compte, j’avais enfoncé mes ongles sur son dos. Alex recule la tête pour me regarder, surpris par mon geste. Il prend mon visage entre ses mains et me dit :

― Bébé… Si t’es en colère, fais-moi mal. N’ai pas peur. Continue.

Il me serre dans ses bras et moi, guidé par une main invisible de la colère, je lui griffe le dos. Il grince des dents et siffle par moment. Il ne me dit pas d’arrêter, au contraire, il m’encourage en murmurant des mots. Souffrant d’une rage inconnue, j’ouvre la bouche et enfonce mes dents sur son épaule continuant ainsi à lui martyriser le dos. Alex se mit à crier sous l’effet de la douleur, mais me lâche pas, il continue à me tenir entre les bras encore plus fort, presque à me briser. En plus de cela, je sens son sexe se gonfler à vue d’œil. Il aime quand je lui fais mal ? J’ignorais qu’il aimait la douleur. Je le bascule sur le dos puis me mets à califourchon sur lui et le regarde ; je vois mon reflet dans ses yeux et ce qu’il projette montre ce qu’Alex perçoit chez moi : un être sans émotion. Je l’aime pourtant, mais ce n’est pas suffisant. Si je ne dis rien, alors je me dois d’agir !! Je reprends ma séance manucure sur peau et griffe profondément son torse. Ma respiration devient saccadée à cause de l’effort et de la rage. Je serre les dents puis d’une main, prends sa queue et m’empale dessus sans lubrifiant. J’ai agi sans réfléchir, du coup, je me suis fait mal malgré cela je ne dis rien, car je veux aussi sentir cette douleur. Une fois l’effet de la souffrance passé, je me mets à bouger sur lui lentement et un peu plus vite par la suite. Je m’allonge sans lâcher prise sur son torse et recommence à lui mordre les épaules ainsi que son cou. Alex me serre dans ses bras, hurlant sous l’effet de la douleur et du plaisir pour un final des plus explosifs. Nous jouissons ensemble d’une seule et même symphonie. C’est sûr que la voisine du dessus aura de quoi raconter à ses copines du dimanche. Je m’effondre sur lui quasiment épuisé. On est tout collant à cause des fluides corporels qu’on a produits ce soir, d’ailleurs, c’est bien la première fois qu’on transpire autant et c’est bien la toute première fois, que je me donne autant de mal à lui faire l’amour. Non, « à le baiser » serait le terme le plus approprié. En suivant cette logique, un sourire se crée sur mon visage exténué. Alex dépose un baiser sur mon front puis sur la joue pour finir sur mes lèvres.

― Qu’est ce qui te fait sourire, mon cœur ?
― Hum, c’est la première fois que je monte sur toi, répondis-je légèrement endormi.
― C’est vrai, rigole Alex, et tu as aimé ?
― Oui j’ai aimé, dis-je en bâillant et en m’installant confortablement dans ses bras.
― Dors, bébé… tu l’as bien mérité, chuchote-t-il avant de nous nettoyer pour nous couvrir tous les deux.

Chapitre 1

IMG_3159860169092
― Christian, je te quitte, ça ne va plus entre nous.

Qu’est-ce qui est pire dans sa vie ? Perdre son petit ami ou perdre son boulot voire même les deux ? Malgré toute ma bonne volonté, ce qui s’est passé à l’instant est le beau résultat de ma connerie. Mais avant d’en arriver là, commençons par le début. Tout a commencé la semaine où nous devions fêter nos quatre ans de vie commune. Alex, mon compagnon, vit chez moi depuis nos deux premières années de couple. Il est parfait selon mon baromètre d’homme sexy. Il mesure dans les un mètre quatre-vingt-quinze, pèse quatre-vingt-dix kilos de muscle, des yeux en amande de couleur vert comme les pistaches, des cheveux noirs taillés en brosse, des lèvres somptueuses, une peau légèrement bronzée due à ses heures de boulot sur les chantiers et une cicatrice de « guerre » sur la joue gauche. Alex l’a eu lors d’une bagarre il y a très longtemps de cela. Il ne m’a jamais raconté les raisons du pourquoi ni du comment et je n’ai pas trop cherché non plus malgré mon métier. On s’était rencontré lors d’une affaire de trafic de drogue. Il avait été accusé à tort pour détention de dix kilos de stupéfiant trouvé à son domicile. Alex n’a jamais nié qu’il se droguait mais il avait toujours clamé son innocence durant son procès. Je n’étais pas en charge de l’affaire à cette époque, mais j’étais dans la salle afin d’évaluer mon apprentie. Mon instinct d’avocat me disait qu’il était sincère dans ses propos et que je me devais de mener ma petite enquête. Plus tard, je découvris qu’il s’agissait d’un complot mené par son ancien meilleur ami qui lui en voulait suite à un mensonge. Une chose toute bête : Alex ne lui avait pas dit qu’il était gay et lui était homophobe. Cette personne croupie en ce moment même au centre pénitencier de Rennes-Vezin. Par la suite, Alex a tenté de se désintoxiquer sans grand succès et c’est là que je suis intervenu. Dans le centre de désintoxication où il était soigné, je lui rendais visite à titre professionnel et au fil des rencontres, c’est devenu personnel. Un jour, on s’était disputé pour une raison totalement stupide et je ne suis plus jamais retourné le voir.

Un an plus tard, je le revis dans mon cabinet, métamorphosé : il n’était plus le gringalet que j’avais connu, mais il était devenu celui que je connais actuellement. Après cette dispute, il avait décidé de changer aussi bien pour lui que pour moi. Depuis, on s’est plus quitté. Ça, c’était la partie romantique. En réalité, Alex savait presque tout sur moi à un détail près, chose qu’il a apprit à ses dépens : je suis une personne d’une telle fainéantise qu’il me faut une assistance continuelle pour presque tout. En tant que défenseur de l’ordre et de la justice, je suis censé montrer une image d’homme sérieux, intelligent et travailleur. Je suis ces deux premières personnalités sauf la dernière, ce qui pose problème à mes collègues de bureau. Au cabinet FORGILK & Co, tous savaient que j’ai ce souci de paresse extrême : une tonne de dossiers empilés un peu partout, des affaires achevées, mais non classées dans les casiers respectifs, des affaires non traitées, des gobelets de café traînant ici et là, une corbeille à papier qui déborde… Bref la totale. Le jour où Alex était venu me voir pour m’annoncer son changement, ma secrétaire attitrée, Hélèna, m’avait aidé durant une semaine à tout classer et ranger ; de ce fait, tout était nickel. Et pour l’enquête qui devait prouver son innocence, c’était ma secrétaire ainsi que mon apprentie qui m’ont m’aider – et là, le verbe est bien trop faible – à le résoudre. Franchement, il n’y a pas de quoi être fier. Cette semaine, c’est nos quatre ans et on le fêtera ce weekend. Malheureusement, je suis à court de tout : idée ET motivation.

― Chris, lève-toi tu vas être en retard, m’ordonne Alex.
― Greuuuuu, dis-je d’une voix enrouée en roulant sur côté du lit.
― Chris, il va bientôt être huit heures, je veux être sûr que tu ne sois pas en retard à ton taffe.
― Hummm… Bisouuuuuu.
― T’auras un bisou que si tu bouges ton cul du lit.

Je tends les mains vers lui pour réclamer mon dû, mais au lieu de cela je reçois un coup de T-shirt.

― Allez, lève-toi, s’écrie Alex, agacé.

Je soupire et finis par me redresser du lit. Je vois à peine devant moi, tellement ma vue est embrumée par la fatigue. Je frotte mes yeux en bâillant et finis par voir Alex qui enfile son T-shirt Quiksilver que je lui avais offert pour son anniversaire. Il s’approche de moi et me claque un bisou rapide sur la bouche avant de s’éloigner aussitôt.

― Tu auras la suite quand tu sortiras complètement du lit !

Je me renfrogne encore plus et grogne en traînant des pieds vers la salle de bain. On vit dans un petit appartement modeste dans la rue de Siam à Brest. À cinq minutes à pied des transports et il est situé en plein quartier commerçant. Notre nid d’amour est fraîchement rénové par Alex : il a refait la cuisine, le salon et la chambre à coucher. Il était peu fier de son travail et ça ne nous a pas coûté très cher. Je sors de la salle de bain toujours en traînant des pieds pour arriver dans le salon où règne une bonne odeur de petit déjeuner. Du salon, on pouvait voir la cuisine. Alex aime bien montrer aux convives ses talents de cuisiner et pouvoir discuter avec eux. Il aurait pu participer à un Diner presque parfait ou à Master Chef, suis sûr qu’il aurait gagné. J’entre dans la cuisine où il avait déjà dressé la table en attendant mon réveil peu probable.

― Allez dépêche, bébé, sinon tu vas sérieusement être en retard et ton boss va encore te sermonner, me dit-il en déposant rapidement des œufs brouillés et du bacon dans mon assiette.
― Il le fait tout le temps, suis habitué, lui répondis-je avec lassitude avant de croquer dans un pain de mie grillé.
― Ouais, mais bon, c’est pas une raison. Allez, magne-toi et mange plus vite.

Je fronce du nez et finis par me dépêcher ; une heure plus tard, j’étais prêt pour aller travailler. Mon bureau se trouve à la rue de Lyon, là où certains de nos confrères ont élu domicile. Alex a pris pour habitude de me déposer devant l’immeuble du cabinet avant d’aller sur son chantier qui se trouve dans un autre quartier de la ville. S’il fait ça, c’est pour s’assurer que je n’arrive pas en retard ou que je me rendorme. Je monte au troisième étage et arrive dans mon « quartier général ». On est trois – y compris notre employeur – à travailler dans ce cabinet. Et chacun de nous à une secrétaire attitrée. Ne me demandez pas comment c’est possible d’en avoir une pour chacun de nous, j’en ai aucune idée, seul Monsieur Forgilk peut dire pourquoi il a décidé de faire cela. J’entre et ne vois nulle part ni collègue ni patron, je m’installe dans mon « cagibi » en soupirant. Une tonne de paperasse m’attend. Je les regarde, mais ne prête pas plus d’attention que ça.

― Monsieur Alexander, hurle une voix que je connais que trop bien.
― Bonjour, Monsieur Forgilk.
― Vous êtes en retard, encore une fois. J’en ai assez de vos retards ! Je regarde ma montre, il est neuf heures moins cinq.
― Monsieur, je ne suis pas en retard, au contraire. Je suis en avance, tandis que les autres ne sont pas encore là. La prise de poste commence qu’à partir de neuf et à l’horloge du bureau, il n’est que 8h55. Donc, je suis dans les temps.
― Vous me prenez pour un imbécile, c’est ça ? Et votre bureau, hein ? Un vrai bordel !! Comment pensez-vous recevoir un client dans un lieu aussi sale ? Vous êtes une nullité parfaite et infligeant ! Dépêchez-vous de ranger ce foutoir et de bosser !! TOUT DE SUITE!!!!

Je n’ai pas le temps de riposter, de toute façon, je ne réponds pas face à ça. J’ai tellement l’habitude que ça me fait ni chaud ni froid. J’aime pourtant mon métier et je ne cherche aucun profit. Si je suis devenu avocat, c’est pour aider les gens et les défendre. Je m’assoie derrière mon bureau et prends avec une telle lenteur, le premier dossier de la pile lorsqu’on toque à ma porte.

― Je peux entrer ? En levant la tête, je vois Hélèna et lui fais un petit sourire.
― Ne te force pas, Christian. J’ai tout entendu. Ce mec à un sérieux problème avec toi. Je viens d’arriver et l’autre gus n’est pas encore là.
― Ouais, mais bon… Pourtant je fais des efforts pour ne pas arriver trop en retard, lui dis-je sans trop prêter attention au dossier que je referme aussitôt pour me coucher dessus.
― Je suis ta secrétaire et mon boulot est de t’aider.

Je sens le dossier glisser sous mon visage, puis j’entends un bruit de porte qu’on ferme et une voix qui énonce un cas. Durant toute la lecture, j’ai gardé la tête posée sur le bureau. Pour me « réveiller », Hélèna me donne un coup de papier sur le visage et reprend sa lecture. Au bout de trois heures, on avait fait près de la moitié de la pile, appeler les clients pour confirmer des rendez-vous et ranger la paperasse. J’étais exténué au bout d’une heure de travail intensif.

― Suis lessivé, dis-je d’une façon lasse. Je veux rentrer chez moi.
― Non ! On n’a pas fini et… Hélèna prends une pause et regarde sa montre avant de reprendre : Oh ! il est déjà midi passé, je passe commander au restau du coin. J’espère qu’ils pourront nous livrer.
― Et si on sortait ? demandais-je en l’a suppliant du regard.

Elle me regarde un moment et finit par céder dans un soupir. On quitte le bureau pour aller manger au Eat sushi. Après un repas bien copieux qui me donne plus envie de dormir que de travailler, on retourne au bureau en discutant potin. Une fois arrivée, je regarde l’horloge et constate qu’il n’est que 12 h 50. Encore une fois, je suis en avance et le patron n’est pas dans son bureau de même que mon collègue.

― Dis, Charles-Henry n’est pas venu travailler ? m’interrogeais-je.
― Si, il est arrivé vers 9 h 10, réponds-t-elle sans grand intérêt.
― Et, il n’a rien dit ?

Elle s’arrête dans son élan puis me regarde.

― Ce mec cherche tout un tas d’excuses pour te renvoyer, Christian. Il sait que tu travailles mieux que ce con, mais il va te faire porter le chapeau autant qu’il le peut. T’occupe pas de ça et reprenons le travail.

Quelque part, je sais qu’elle a raison, mais je me dis que ce n’est rien de grave et que ça lui passera. Je reçois mes rendez-vous, finit la paperasse avec une lenteur extrême et quand arrive l’heure de quitter le bureau, eh bien, je soupire.

― Hop hop hop, Christian, m’arrête Hélèna en me retenant par le bras, je sais que tu n’as rien fait pour vos quatre ans de couple et du coup, vu qu’on a un peu de temps, on va faire un peu de shopping.
― J’ai pas envie de faire du shopping, suis fatigué et…
― Tu es tout le temps fatigué. Allez remues-toi ! Viens !!
― Mais…

Encore une fois, contester ne sert pas à grand-chose, car elle m’a déjà entraîné en direction des commerces de la ville. On traîne dans plusieurs magasins pour homme et elle me laisse choisir ce qui pourrait plaire à Alex. Je ne suis pas friand de shopping, car je trouve ça ennuyeux. C’est Alex qui fait tout : je lui donne l’argent nécessaire et je le laisse se faire plaisir. Finalement à la fin de ce shopping improvisé, je me retrouve avec du parfum, des sous-vêtements et des vêtements ; mais ne voulant pas gâcher la surprise en rentrant avec tous ces cadeaux en main, je décide de repasser au bureau et de les laisser là-bas.

Je finis par rentrer chez moi au bout d’une heure de périple. Alex était derrière les fourneaux à préparer le dîner. En me voyant arriver, il arrête toute manœuvre et viens me prendre dans ses bras pour m’embrasser.

― Bonsoir, bébé, t’es en retard, tu le sais, me dit-il en ronronnant dans les oreilles.
― Oui, je sais, lui répondis-je en souriant, j’avais des choses à faire et du coup, je n’avais pas vu l’heure passée.
― C’est pas grave, j’ai presque fini de préparer le dîner. Il m’embrasse de nouveau tendrement avant de s’éloigner et de retourner à sa tâche.

Je dépose mon sac près du fauteuil, puis fais un tour dans la salle de bain. Une fois prêt, je reviens dans le salon où la table est déjà préparée.

― T’es un vrai pro dis donc, dis-je en riant.
― Merci, mon cœur, me répond-il en souriant, allez installe-toi, je vais nous servir le repas.

J’exécute son ordre et le laisse servir le dîner. Nous restons de longues heures à parler de tout et de rien, je sais qu’il a hâte d’être à demain, car c’est à ce moment-là qu’on fêtera nos quatre ans. Oui, quatre ans de relation, quatre ans que je l’aime d’un amour fou, moi aussi j’ai vraiment hâte ! Après le dîner, on squatte le canapé et on regarde tranquillement la télé. Je m’allonge sur ses genoux puis on commente les images qui sont diffusées avant de nous faire des câlins et d’aller dans notre chambre. On s’embrasse passionnément, ne se lâchant que pour enlever nos vêtements. Je maintiens son baiser en l’enlaçant fortement, ne désirant rien perdre de lui. Alex quitte mes lèvres pour glisser vers ma joue puis le creux de mon cou auquel il mordille ma peau, je gémis de plaisir. Je soulève mon dos quand je sens sa langue titiller mes tétons, je murmure son prénom alors qu’il me caresse le flanc droit puis ma cuisse, alors que sa deuxième main masse mes fesses. Alex est un expert et je suis une chose entre ses mains. J’aime ça, j’aime que ça soit ainsi. Sauf que ce soir-là, quelque chose n’allait pas. Je finis par comprendre pourquoi. Il pose sa main sur ma queue qui s’était durcie et me regarde. Où était donc passé cet instant magique de plaisir ?

― Qu’est-ce qu’il y a ? m’inquiétant de sa réaction.
― Tu m’aimes, Chris ?
― Oui je t’aime, pourquoi tu me le demandes ?
― Parce que j’ai l’impression que ce n’est pas le cas.

Je suis très surpris par ce qu’il vient de me dire et je sens qu’il relâche sa prise sur mon sexe.

― Mais… qu’est-ce qui te fait dire ou croire que ce n’est pas le cas ?
― Je ne sais pas, finit-il par me dire après un soupir, ça fait quatre ans qu’on est ensemble et j’ai l’impression… j’ai l’impression que tu ne me le montres pas.
― Pourtant…
― Oui, mais j’aimerais que tu me le montres. Rien qu’une fois.
― Je…
― Je ne veux pas non plus te forcer, mais…, il soupire avant de reprendre d’un ton fatigué, non laisse tomber. Je vais me coucher, je commence tôt demain. Bonne nuit, Christian.

Je le regarde s’allonger en me tournant le dos. Je tends la main vers lui, mais finalement, je la laisse tomber et me couche à ses côtés, sans le toucher. Qu’est-ce que je dois faire ?

Once upon a time

3d0671ae82550088e3aa3849bb1ffd77-d818sul
– Dites monsieur le chapelier, qu’êtes-vous entrain de faire?
– Je sers le thé ma petite Alice. En voudrais-tu ?
– Je veux bien, avec deux petits carrés de sucre s’il vous plait.
– Bien entendu.

Le chapelier s’exécute et verse un thé fumant dans un service porcelaine de couleur blanche très joliment décorée, puis y dépose deux carrés de sucre dans la boisson. Alice porte la tasse à ses lèvres, souffle dessus avant d’en boire une gorgée.

– Hum, du Earl grey.
– Exactement! Aimez-vous?
– J’adore.

Alice prend une seconde gorgée, savourant le liquide. Elle lève les yeux de sa tasse et regarde autour d’elle.

– Tiens, où sont les autres invités?
– Il ne tarderont pas à venir.

Le chapelier semble être occupé à servir le thé alors qu’il n’y a personne, constate Alice en buvant.

– Savez-vous quand viendront-ils? Ose-t-elle demander curieuse.
– Bientôt, jeune fille. Un peu de patience.

Son sourire est chaleureux et rassurant. Alice peut faire confiance au chapelier malgré sa folie. Une fois son thé terminé, elle dépose sa tasse sur la soucoupe et attends. Quoi? Elle ne sait guère, mais elle attends. Le chapelier ne s’occupe pas d’elle et continue à faire des bizarreries amusantes sur la table. Soudain, des bruits de sabot qui martèlent le sol se fait entendre. Alice se retourne et regarde le nouvel arrivant. Sur une magnifique monture blanche, y est assise une femme. Elle porte une robe blanche serti de diamant et de perle, monté sur des broderies des plus délicates. La femme est d’une beauté incroyable. Ses yeux sont d’un bleu saphir qu’Alice se sent défaillir à son contact, et fait incroyable, sa chevelure est d’un blanc fusionnel avec celle de sa robe et de sa monture : c’est à dire un blanc immaculé. Pourtant, elle ne parait pas si vieille, bien au contraire. Et ses lèvres… Ils sont d’un rouge intense, si bien qu’ils rivalisent avec la couleur du sang.

Alice se lève et va à sa rencontre.

– Bonjour, je peux vous aider?
– Oui tu le peux, répond-t-elle en lui offrant son plus beau sourire. Alice, je te trouve enfin.
– Pourquoi? Demande-t-elle surprise. Vous me connaissez?
– Oh oui. Ton nom loué partout et part tous dans le pays des merveilles, glorifie la femme à la chevelure de neige. Si je suis venu ici, c’est pour te voir et te demander de l’aide entant que Reine Blanche.
– Reine Blanche?
– Je t’expliquerais en tant voulue mais pour le moment, il me faut ton aide. Oh ma Alice, continue-t-elle en lui prenant les mains, j’ai un grand besoin de toi. Le pays des merveilles à encore besoin de tes services.
– Mais… La Reine Rouge…
– Il n’y a pas qu’elle de méchante. Le pays des merveilles recèle d’être plus cruel. Mais il y a plus vil et plus malsain que cette femme.
– Qui? S’inquiète d’un coup la jeune fille.

La Reine Blanche rapproche Alice d’elle et lui murmure à son oreille. Alice retient son souffle et écarquille ses yeux.

– Vraiment?

La Reine hoche tristement la tête.

– Il faut que tu l’arrêtes Alice. Il le faut sinon, tout va être détruit dans le pays des merveilles.
– Mais… Je…
– Tu en es capable. Je crois en toi. Nous croyons tous en toi.

Alice ne sait plus quoi penser. Elle a vaincue la Reine Rouge, le pays devrait aller mieux, alors pourquoi maintenant?

– Alice?

Elle sursaute en entendant son prénom. Cette voix… Elle le reconnait. Son corps se met à trembler comme une feuille. Elle déglutit difficilement.

– Alice tu m’entends? Répète la voix.
– Tu n’es plus là…
– Je suis juste derrière toi.

Elle se retourne lentement, sans lâcher les mains de la Reine qui la tiens fermement.

– White… murmure Alice.
– Il est l’heure. On doit agir, lui fait-il comprendre en montrant sa montre gousset dorée dont la vitre est fêlée.
– Mais…
– Alice, on doit aider la Reine Blanche. Il le faut !

Elle regarde le lapin blanc puis la Reine. Que faire?

– Je… Il m’a dit de ne pas bouger.
– N’écoute pas ce stupide chat! Hurle Le Chapelier en tapant brutalement sur la table. Ce n’est qu’un vieux chat de gouttière, alors que là, il s’agit de la Reine Blanche et du sort du pays des merveilles. Tu vas nous laisser mourir sans réagir? C’est ça que tu veux?
– Non !
– Alors pourquoi hésites-tu?

Alice ferme les yeux et tente de peser le pour et le contre. Le pays des merveilles a besoin d’elle. Elle la déjà fait une fois, pourquoi pas deux.

– D’accord j’accepte !
– Génial! Crie de joie la Reine. Va! Le pays à tant besoin de toi!
– Merci majesté. Je vous ferais honneur.
– Je n’en doute pas, confirme-t-elle d’un large sourire.

 

 

ALERTE ROUGE! ALERTE ROUGE! UN PATIENT S’EST EVADE! JE REPETE! UN PATIENT S’EST EVADE! BLOQUER TOUTES LES ISSUES! JE REPETE, UN PATIENT S’EST EVADE BLOQUER TOUTES LES ISSUES!

Un lapin blanc gambade en toute liberté vers une nouvelle ville.

FIN

Alix

IMG_395610666682338

 

Un homme et une femme marche dans un long couloir blanc. Des gens y parlent, hurlent ou pleurent. Ils sont encadrés par du personnel habillé de blanc.

–              Comment va-t-il ? S’inquiète l’homme.

–              Parfois, il reprend conscience. Parfois, il oublie qui il est, réponds l’infirmière d’une voix calme et un peu attristée.

–              Je vois…

Après plusieurs passages sécurisés, ils arrivent près d’un homme robuste qui garde fermement une chambre.

–              Nous y voilà. Laissez vos affaires ici : stylo, portable…

–              Quoi ? Même les portables ?

–              Oui. Il a pris le portable d’un surveillant et l’a frappé à la gorge avec avant de s’enfuir.

–              Mon dieu… S’attrista l’homme.

–              Il va bien, ne vous en inquiété pas…

–              C’est plus pour « lui » que je m’ inquiète.

L’infirmière le regarde un court instant, essayant de juger ce qu’il venait de dire. Elle soupire et termine ses instructions. Elle sort un énorme trousseau de clé, en prit une et la mit dans la serrure qu’elle ouvre.

–              Vous pouvez entrer.

–              Merci.

La porte s’ouvre dans un bruit à faire grincer les dents.

–              Alix. Ton petit ami est venu te voir.

Près d’une fenêtre en grille, il y a un homme debout. Lui aussi est habillé de blanc sauf que son regard est vide et perdu.

–              Je vous le laisse. S’il y a le moindre souci, le garde est là.

–              D’accord. Je vous en remercie.

Elle s’en va. L’homme essaie de s’approche doucement mais s’arrête en milieu de pièce cloué par une vive douleur à la poitrine refaisant surface.

–              Alix, c’est moi Clark…

L’homme à la fenêtre se balance lentement, fredonnant une mélodie à peine audible.

–              Alix… s’il te plait… regarde-moi…

Alix s’arrête et se tourne lentement. Il a un masque sur le visage. Celui d’un lapin taché de rouge. L’homme qui lui parle cache sa douleur et raccourcis la distance qui les sépare. Il lui retire délicatement le masque. Alix a un cache-œil sur le côté droit. L’homme passe lentement sa main sur la blessure et se remémore ce qui c’était passé.

–              Pardonne-moi mon cœur… S’il n’était pas revenu… rien de tout cela ne serais arrivé…

L’homme pleure en serrant dans ses bras Alix qui lui a reprit sa mélodie.

 

Quelques heures plus tôt

–              Je vous le dis encore une fois : Alix est innocent. C’était de la légitime défense.

–              De la légitime défense ? Réplique un inspecteur de police. Et les autres cadavres qu’on a trouvé ? Vous n’allez pas me dire que ce n’est pas lui le coupable?

–              Non je vous le dis !

–              Monsieur Mans, pouvez vous nous redire ce qui c’était passé cette nuit-là ?

–              Alix a reçu la visite d’Olivier Quen alors qu’il avait reçu une injonction d’éloignement. Ils se sont disputés et ça a fini par une bagarre.  Vous avez des preuves de cette bagarre.

–              Effectivement nous l’avons, confirme un collègue de l’inspecteur en tournant les pages du dossier.

–              Alors ?

–              Continuez.

–              Alix n’a fait que se défendre.

–              En coupant la tête d’Olivier ?

–              Je…

–              Monsieur Mans, toutes les preuves converges vers votre compagnon Alix Wave. Vous voulez savoir ce qui nous a menés à lui ?

–            Je  vous écoute

–            Tout aurait pu marcher. Tout aurait pu se finir sans embrouille. Entre la scène macabre des corps sans tête qui a été méticuleusement préparer. Dont les autres membres restent introuvables d’ailleurs. Oui j’admets que c’etait du grand art d’avoir repris la scène du thé mais là où il s’est planté c’est avec le corps de cette fille. La «  Alice ».  Les empreintes qu’on a trouvé sur les lieux du crime n’aurait pas pu être celles que nous avons trouvé et pour cause. Ce dernier était mort deux jours plutôt . Tué par votre compagnon. Alors comment aurait-il pu  commettre un tel crime en étant mort ?

–           Si je suis bien le rapport, reprit Clark sur le même ton, le corps était froid, la couleur de yeux avait déjà changé et était devenu livide. La victime devait être morte il y a quarante-huit voir soixante-douze heures si ce n’est plus. Il a suffisamment fréquenté Alix pour savoir ce qu’il faisait. C’est vrai qu’il a eu un traumatise étant jeune suite à la mort de ses parents dans un grave accident. Ok, ça l’a perturbé vu qu’il y était avec eux au moment du drame. Il a été élevé par une tante qui ne l’aimait pas plus que ça. Elle passait plus de temps avec des cadavres qu’avec lui. Il a surmonté tout ça et ce tout seul. Sa seule erreur fut d’avoir épousé Olivier. Christian et moi nous avons tout fait pour qu’il s’en sorte. Et … et voilà le résultat. Après des années, il vient tout gâché. Alix est innocent.

–              Alors expliquer moi, cette agression envers votre personne et envers Christian qui est à l’hôpital en ce moment avec une blessure à la tête ?

–             Il a eu peur…., dit-il d’une voix tremblante. Il a simplement eu peur.

Puis, il éclate en sanglot. Il ne pouvait rien faire de plus. Et même s’il le voulait, ça le rendrait complice d’un meurtre.

–              Je l’aime… il allait bien…. Tout allait bien pour nous…

–              Mais le destin en a voulu autrement… Il sera bien là où il est.

 

De retour dans la chambre.

–              Viens Alix, je vais te lire une histoire.

Clark prends la main d’Alix, qui pose sa tête contre son épaule. Clark fit une grimace puis prends le seul livre qui se trouve sur une table et l’ouvre.

–              Tu veux que je te lise une histoire ?

« Il était une fois, une petite fille du nom d’Alice… »

 

 

 

 

I want to kill you because I love you

on_top10

 

Je suis sous le choc. Olivia me parlait quelques heures auparavant et là, elle est morte. Personne n’a vu quoi se soit. Personne n’a entendu un quelconque cri. Tout semble s’être passé si vite. Je suis dans mon appartement  avec Christian qui m’a rejoint dès que je l’ai appelé.  J’en tremble encore.

–              Tiens, bois un peu de thé. Ça va te calmer.

–              Je… elle était là. On se parlait… et puis… je ne comprends plus rien.

–              Repose-toi Alice.

–              Christian, elle a été assassinée, lui dis-je paniquée et tremblante. On lui a coupé la tête.

–              Et la tête ?….

–              Elle a disparu.

–              Comment c’est possible ?

–              C’est là tout le mystère. Elle n’est nulle part. On ne sait pas où elle a bien pu passer.

–              Cette affaire devient dangereuse Alice. Il  vaut mieux que tu arrêtes.

–              Je ne peux pas. Pas tant qu’on n’a pas trouvé le coupable.

–              Alice…

Je pose ma tête contre son épaule et ferme les yeux. Je n’aime plus Olivia, mais je ne souhaitais pas sa mort. Pas comme ça.

–              Alice, ne t’endors pas. Ce n’est pas fini.

J’ouvre les yeux lentement et voit le chat que j’avais vu la veille. Je fronce les sourcils et regarde autour de moi. Christian a disparu. Je me redresse et le regarde.

–              Comment es-tu entré ?

Je le vois tourner la tête dans tous sens comme s’il cherche quelque chose sans rien voir.

–              Alice, ce n’est pas fini. La reine est encore en vie.

–              Quoi ? Mais…

–              Elle est plus proche que tu ne crois. Il te faut fuir maintenant !

–              Mais de quoi tu parles ?

Il se redresse subitement et hérisse son dos et fait un bruit. J’entends des bruits de pas et quelque chose qu’on traine. Je me lève et découvre un homme, grand, cheveux poivre et sel, vêtu d’un long manteau à carreau beige et marron. Il tourne sa tête vers moi et … non…

–              Commissaire Cleaven !

Il lâche le corps de Christian qui saigne et bondit vers moi. Je l’esquive de justesse. Il lève un couteau vers moi et j’ai tout juste de temps de l’éviter de nouveau. Je me relève et tente de m’enfuir.  Il me rattrape et plante son arme dans mon épaule. J’hurle de douleur. Je me débats sous  son emprise, car il cherche maintenant à m’étrangler. J’ai du mal à respirer, j’ai l’impression que ma vue se brouille. Je cherche quelque chose pour me défendre. Ma main tombe sur quelque chose, je ne sais pas quoi,  mais je m’en saisi et le frappe à la tête. Je l’entends crier et il me libère. Je roule sur le côté et tente tant bien que mal de reprendre mon souffle. Je me relève et par chance ou par malchance, la porte est ouverte. Je cours dans les couloirs de mon immeuble et appuie sur les boutons avec ma main ensanglantée. Je regarde derrière moi en priant très fort qu’il ne soit pas là. Manque de bol, je le vois débouler dans le couloir, une main sur son visage, cherchant à me retrouver. J’appuie sur les boutons en panique tandis que le commissaire cours dans ma direction. Une porte s’ouvre. Je m’engouffre à l’intérieur et appuie sur la fermeture des portes. Le commissaire est si proche que je l’entends frapper sur les portes métalliques qui c’était fermé. Je m’effondre en larme. Pourquoi ? Pourquoi moi ?

–              Alice, ne baisse pas les bras.

Le chat ?

–              Comment veux-tu que je ne baisse pas les bras ?  Tu as vu ce qui s’est passé ! La reine rouge  m’as…

–              Non tu te trompes Alice. Ce n’était pas la reine rouge.

–              Quoi ?

–              La « reine rouge » a toujours été là avec toi. Elle t’a menti et ce depuis le début.

Je ne comprends toujours pas où il veut en venir. Elle a toujours été avec moi ? Qui a toujours été avec moi ? Les portes s’ouvrent, je lève les yeux et vois Clark.

–              Oh Clark, t’es là. Tu ne sais pas ce qui m’est arrivé, c’est le commissaire qui …

Quelque chose ne va pas chez lui. Il est calme et silencieux. Il me fixe avec un sourire sur les lèvres.  Je recule, mais je ne peux pas aller plus loin. Je suis dos au mur.  Le chat crache, furieux.

–              Alice fuit ! Fuit la tant qu’il est encore temps ! Sauve ta vie !

Je n’ai pas le temps de réagir qu’il s’avance vers moi et mets un mouchoir sur mon nez. Je me débats, mais il est trop tard. Le produit agit et je sens mon corps devenir léger, j’aperçois à peine le chat. J’ai l’impression qu’il essaie de me dire quelque chose, j’entends tout juste.

 

–              Alice, ce n’est pas celle que tu crois. Alice c’est …

J’ouvre grand les yeux quand je réalise de qui il s’agit. Je tends faiblement la main pour l’avertir du danger, mais trop tard, je vois sa tête rouler par terre. Une faucheuse sur patte, vêtue d’un gilet rouge et noir avec de grande oreille et un pelage anciennement blanc qui est maintenant tâché de rouge.

–              Coucou Alice.

–              …. White….

La conversation ne va plus loin, car je perds connaissance.

Tic. Tac. Tic. Tac. Tic. Tac.

Inlassablement, dans un rythme régulier.

Tic. Tac. Tic. Tac. Tic. Tac.

J’ouvre les yeux. Mon corps est si lourd. Où suis-je ? Christian ? Christian où es-tu ? J’essaie de me redresser mais impossible. En bougeant, j’entends de bruits métalliques. Je panique cherchant à savoir où je suis.

–              Tu es réveillé Alice.  J’en suis ravi.

–              Que m’as-tu fait ?

–              Rien du tout. Je prends soin de toi

–              Clark…

–              Je t’aime Alice… je ne voulais pas que tu souffres.

–              Qu’as-tu fais de Christian ?

–              Oh ! Il va bien. Ne t’en fait pas pour lui. Pense plutôt à toi.

–              Que lui as-tu fait ?

Je suis en proie à la panique, je me débats violemment. Qu’est-ce que ce salaud lui as fait ? Je reçois un coup au visage ce qui me calme de suite. Me remets les idées au clair. Je me suis fait rouler dans la farine. On m’a trahi. Je regarde de nouveau mon ancien collègue de travail.

–              Pourquoi ?

Il ne me répond pas, mais se contente de sourire et de me regarder de haut. Il remet une de mes mèches derrière mon oreille.

–              J’ai toujours été fasciné par toi.  Ton comportement, ton savoir être. Ce dégout que tu as des humains. Ce contact que tu as en particulier avec les morts. Oui, tu me fascines Alice.

–              C’était une raison pour tuer autant de monde ?

–              C’était la seule  façon qu’il me restait pour attirer ton attention

–              Tu n’es qu’un salaud !!!!

–              Non. Un amoureux.

Il s’empare de mes cheveux et plaque sa bouche contre la mienne. Je lui mords la lèvre, assez fort pour qu’il en saigne. Il crie de douleur et me gifle, ma tête cogne contre la table métallique et j’en perds connaissance.  Je me réveille quelques minutes plus tard avec une musique dans les oreilles, je n’arrive pas à savoir laquelle. Si je sais ! C’est celle que je mets à chaque fois que je commence le travail. Du Beethoven, mais à chaque fois j’oublie le titre. Je tourne la tête et vois un plateau chirurgical avec des ustensiles médicaux. Je tourne ma tête de l’autre côté, je vois une personne de dos qui s’adresse à quelqu’un. La voix est celle de Clark la deuxième ne m’est pas inconnue. Je lève doucement la main et essaie d’attraper le premier objet que je trouve. Cette fois, mes liens ne sont que des sangles de cuir. Au bout de plusieurs essaies, je réussis à prendre un scalpel, je le cache du mieux que je peux et je commence à couper les sangles. Ils continuent de parler. Non, n’arrêtez pas de parler ! Clark viens vers moi. J’arrête de couper mes liens pour ne pas éveiller des soupçons. Je ferme les yeux brièvement. Je sens une main qui me caresse la joue, un ordre semble avoir été donné.

–              Alice… réveille toi.

J’ouvre mes yeux doucement, simulant le réveille. Clark est penché au-dessus de moi. Toujours avec ce sourire.  Il se  penche sur moi, mais je lui crache à la figure. Il s’arrête dans son élan et me fixe d’un air sévère.

–              Ce n’est pas comme ça que tu vas avoir mon amour.

–              J’en ai rien à foutre, libère-moi !

–              Non Alice.

–              LIBERE-MOI !

D’un geste, je bouge mon bras et me libère. Et tout en poursuivant mon geste, je lui plante le scalpel dans l’œil. Clarke hurle, j’en profite pour me détacher et descends de la table, prends un autre scalpel et de m’enfuir. Cleaven qui a entendu les cris, me bloque le passage. N’hésitant pas, je fonce sur lui et donne un coup de scalpel sur torse. Nous tombons et je recommence à le poignarder avant de prendre son arme et de lui tirer dessus.

–              ALIIIIIIIIIICEEEEEEEE !!!!! JE VAIS TE TUER !!!!!!

Je me relève et cours. J’entends derrière moi Clarke qui court aussi avec difficulté. Je cherche une issue… De l’eau… Des bruits de bateau… Je suis dans l’entrepôt qui se trouve près du quai de pêche. Il doit surement y avoir du monde. Je continue ma course et je trébuche sur je ne sais pas quoi. Je regarde ma main, elle est humide mais d’eau… cette odeur empeste … du sang. Je regarde paniquer autour de moi, des corps. Plein de corps ou plutôt des morceaux de corps. Les victimes.

–              Alice mon cœur.

 

Je me retourne et pointe le pistolet vers lui.

–              Ne t’approche pas !

–              Tu ne me feras rien.

–              NE T’APPROCHE PAS !

–              Tu sais que je t’aime et que je suis le seul ami que t’as.

–              Non ! Non !

–              Alice… regarde moi

Je le regarde et vois White. Taché de rouge, un œil en moins.

–              White…. Pourquoi ?

Je pleure en posant la question, connaissant presque la réponse.

–              Il fallait tuer la reine rouge. Elle nous faisait trop souffrir.

–              Non…. Pas comme ça… Je ne…. Je ne voulais pas comme ça.

–              Alice…. On est tous sauvé maintenant. Elle est morte.

–              White…. C’est un crime tu le sais. Je ne peux pas te laisser t’en tirer comme ça.

–              Tu vas faire quoi Alice ?

Ma vue est brouillé par les larmes. Je ne veux pas lui faire du mal, je ne veux pas le tuer…

–              Je suis désolé…

–              Fais ce que tu as à faire alors.

Je le vois sourire alors que je presse la détente. J’entends à peine un cri. Sous l’impact, je recule, trébuche et me cogne contre quelque chose. Je perds aussitôt connaissance.