Day 20

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– T’es sûr de ce que tu fais ?

– On n’a pas vraiment le choix, Éric. C’est soit ça, soit on le laisse crever et tu sais parfaitement que je ne vais pas laisser les membres de ma famille mourir pour une cause débile.

– Maman sait ce qui se passe ?

– Oui Ethan, soupira Éric. Elle a donné le feu vert à Stephen hier soir. Elle était en larme au téléphone quand je lui ai parlé ce matin. Elle était triste et en colère à la fois mais … Je crois qu’elle était plus en colère qu’autre chose.

– Pour l’être, elle l’est, confirma avec force l’aîné.

 

Les frères se trouvèrent devant la porte de Dan. Stephen sonnait depuis quelques minutes, mais pas de réponse. Perdant patience, il cogna sur la lourde porte en bois massif.

 

– DAN, hurla-t-il de colère, SI TU N’OUVRES PAS CETTE PUTAIN DE PORTE, JE TE JURE QUE JE VAIS LA DEFONCE ET FOUTRE MON POING DANS TA GUEULE !!

– Je ne suis pas sûr que ça marche ce genre de menace, dit le petit frère mal assuré.

– Oh oui, ça l’est, paniqua Éric. J’ai peur pour ma propre vie alors que je ne suis même pas concerné par la menace.

– OUVRE CETTE SALOPERIE DE PORTE DAN !

 

Stephen continua à frapper violemment sur la seule chose qui le séparait de son petit frère mais rien n’y fait, elle resta close. Son visage se déforma de colère. Une veine se gonfla près de sa tempe droite et sa mâchoire se crispa.

 

– Éric.

– Quoi ? Répondit vivement ce dernier ne voulant pas le contrarié plus.

– La porte.

– Hein ?

– T’es sérieux Steph, tu veux qu’il défonce la porte ? s’inquiéta d’un coup le cadet.

– J’ai plus le corps de l’époque mais Éric oui.

-Non, rétorqua Éric. Enfin si un peu, mais toi aussi.

– Alors fait le ou je passe mes nerfs sur toi. Au choix.

– Ok !

 

Éric se plaça devant la barrière.  Il prit une grande respiration, fléchit les genoux, se pencha légèrement en avant et posa les doigts au sol. Ethan, regarda la position de son frère et la reconnu aussitôt. On sentait bien qu’il y avait de la pratique derrière ça et que les bonnes habitudes restaient.  Dans un élan souple et rapide, Éric fonça contre l’entrée en bois. Elle ne céda pas au premier assaut, il recommença une deuxième fois. Le craquement montrait qu’elle n’était pas loin de tomber mais pour le moment, elle résistait. Au quatrième coup, elle finit par céder.

 

– Oh putain, ça pue ! fit remarquer le petit frère à peine entré.

– Merde ! dit l’aîné en aidant son second qui était au sol.

– Tu crois qu’on est arrivé trop tard ? s’inquiéta Éric.

– Non, je ne crois pas. Enfin… J’espère que non. Cherchons-le.

 

Soudain, un bruit les fit sursauter.  Stephen restaient en alerte et fronça les sourcils, Éric tentait de voir ce qui se passait devant lui malgré la noirceur de la pièce. Ethan voulu appuyer sur l’interrupteur mais Stephen l’en empêcha.

– Regarde, murmura-t-il.

Le petit frère tenta de voir ce qu’il voulait lui dire. A cet instant, il vit quelque chose bouger dans le fond de la pièce. Stephen s’en approcha doucement et suivit cette ombre qui ne semblait pas les avoir remarqués.  Elle entra dans ce qui devait être la chambre. Elle s’asseyait et pris une bouteille qu’elle tenta de verser dans sa bouche mais manque de pot, elle était vide. Se plaignant du manque de breuvage dans ce monde pourri, l’ombre lança cette dernière contre le mur qui se trouvait à côté de Stephen le ratant de peu. L’ainé qui n’avait toujours pas retrouvé son calme prit un objet quelconque au sol et vint à la rencontre de l’ombre avant de le frapper brusquement à la tête. L’ombre hurla dans un cri qui n’était plus humain.

– Ça devrait te remettre les idées en place, cracha-t-il mécontent.

 

Les autres frères coururent le rejoindre. Eric alluma la lumière et ils découvrirent l’horreur. L’ombre en question n’était autre que Dan. Il était nu, blessé, sale, recroquevillé pleurant comme une bête sauvage qui allait se faire égorgé. Il se protégeait de la lumière artificielle avec ses bras mutilés et noircis. Il faisait peine à voir. Stephen lâcha ce qu’il avait en main puis attrapa Dan à la gorge et le plaqua sans ménage contre un mur. Ce dernier était trop faible pour se débattre, il touchait à peine le sol, il suffoquait. Stephen ayant marre de son comportement de gamin, lui donna un coup de poing dans le ventre, Dan eu le souffle couper. L’aîné le frappa de nouveau et cette fois, il vomit une substance transparente sur son bras. Stephen le lâcha dans un juron  et le cogna brutalement au visage. Dan s’écroula au sol, il tentait de reprendre son souffle. Ses bras le portaient à peine et dans une énième toux, il vomissait une fois de plus. Éric qui suivait la scène avait les yeux voilé par les larmes, Ethan lui était sans voix mais aucun des deux ne fit un geste pour stopper la colère de Stephen. Se sentant trop mal, le cadet se retourna pour ne rien voir de ce qui se passait.

 

– Stephen, supplia Éric essayant de contrôler sa voix, arrête s’il te plaît. Ça ne va pas l’aider…

– Non, ça ne va pas l’aider, s’énerva-t-il. S’il veut mourir alors que je vais lui en donner l’occasion de le faire.

 

Sur ces mots, il attrapa Dan par la nuque et le traîna parmi tous les déchets.

 

– Eh ! Attends Steph ! Où comptes-tu l’emmener ? Demanda Éric inquiet.

– Ça ne se voit pas ? Je vais l’aider à mourir et quoi de mieux qu’un saut de l’ange à huit cent mètres de hauteur.

– Non, ne fais pas ça ! Cria le cadet en se retournant vers son frère.

 

Mais l’aîné ne se préoccupait plus des pensées de chacun, seule la sienne comptait. Il ouvrit la baie vitré, l’air frais et froid s’engouffra à l’intérieur rendant l’atmosphère plus respirable, puis il souleva un Dan en panique et le passa par-dessus la rembarre du balcon. Ce dernier se mit à hurler de toutes ses forces en se voyant au-dessus du vide.

 

– Alors Dan, ça fait quoi de mourir ?

– Remonte-moi Stephen ! REMONTE-MOI ! pleura Dan en essayant de s’accrocher désespérément à son frère.

– Non, je ne te remonterais pas ! riposta l’aîné. Et tu veux savoir pourquoi ? Parce que j’en ai marre de tes conneries. J’en ai marre que tu foutes ta vie en l’air et surtout celle des autres ! Tu fais comme un gamin alors que tu as déjà la vingtaine passé. Merde quoi ! Combien de fois va-t-on te répéter de ne plus faire pleurer Christian ? Combien de fois va-t-on te courir après pour que tu lui accordes du respect et de l’intérêt ? Tu dis que l’aime, mais mon cul que tu l’aimes ! Cela fait des années que tu le laisse espérer une déclaration qu’il ne va jamais entendre ! On a marre de passer derrière toi pour recoller les morceaux. Laisse Christian partir, Dan ! Laisse-le vivre bordel !

– Non ! Non, je ne veux pas !

– POURQUOI PUTAIN ? hurla-t-il d’une voix coléreuse. Donne-moi une seule bonne raison de ne pas te lâcher dans le vide.

 

Dan n’arrivait plus à parler. Il pleurait son désespoir, sa peine, sa souffrance. Il ne voulait pas faire du mal à Christian. Il l’aimait beaucoup trop pour ça.

 

– Je t’écoute Dan et fais vite car je fatigue et cette fois, je vais vraiment te lâcher.

 

Il leva la tête en direction de son frère, il le distinguait à peine à travers ses yeux. Stephen luttait pour ne pas le lâcher, il était à bout de force. Il tenait à peine le bras son frère, sa main moite glissait sur la sienne et ses ongles n’étaient pas suffisant pour le maintenir convenable sans l’écorcher à vif, il devait faire vite s’il ne voulait pas être l’investigateur d’un drame.

 

– J’AI PEUR ! finit-il par hurler à plein poumon. J’ai peur qu’il ne m’aime plus. J’ai peur de m’engager avec lui. J’ai juste peur de l’avenir et de ne plus être à la hauteur. Je veux être auprès de lui !

 

Dan éclata en sanglota de nouveau. Qu’il donnait une bonne ou une mauvaise raison, Stephen ne l’aurait jamais laissé tomber. Avec l’aide d’Éric, il remonta Dan qui s’accrocha aussitôt dans les bras de son frère. Éric pleurait lui aussi, de même qu’Ethan. Le cadet se rendit compte à quel point être égoïste faisait du  mal. Une larme après l’autre, ce fut un flot de tristesse qui coula le long de leur joue.

– Allez venez nous faire un câlin vous deux, invita Stephen qui lui aussi était en larme.

 

Sans se faire prier, Ethan couru dans les bras de ses frères et les serra. Éric les enlaça tout aussi ému et attristé.

 

– Je l’aime, reprit Dan entre deux hoquets. J’aime Christian de tout mon cœur. Je ne voulais pas lui faire du mal, je le voulais que pour moi. C’est mal ce que j’ai fait… C’est mal ! Pardon Christian, pardon… Je t’aime. Je ne veux pas te perdre. Je veux te revoir.

 

Et les pleures reprirent de plus belle cette fois en chœur.  Après plusieurs minutes qui durèrent des heures, elles finirent par s’estomper. Seul Dan murmurait des excuses à un Christian qui n’était pas présent. Stephen soupira de soulagement.

 

– Cette fois, c’est la bonne, se dit-il pour lui-même en continuant à apaiser son frère.

 

Il regarda plus en détail le corps de Dan, à part sa minceur peu inquiétante, il remarqua des traces de blessures. Coupures, brûlures et piqûres resteront à jamais figé sur sa peau.

 

– Fais chier…

– Je suis fatigué grand frère, murmura Dan.

– T’en fais pas. On va s’occuper de toi. Éric ?

– Ouais ? répondit-il en essuyant ses yeux d’un revers de main.

– Tu peux t’occuper de lui le temps qu’on nettoie la maison ?

– Quoi ? Tu veux nettoyer maintenant l’appart ? ça va nous prendre un temps fou.

– Je sais mais… il en a besoin.

 

Éric soupira puis se leva et pris dans ses bras son frère qu’il souleva avec facilité. Ce dernier tombait déjà de fatigue si bien qu’il ne remarqua pas la cinquième personne qui se cachait dans la chambre. Une fois qu’il eut disparut, cette personne sorti de l’ombre. Elle avait, elle aussi les larmes aux yeux. Stephen retourna dans la chambre et s’arrêta à sa hauteur.

 

– Maintenant, tu sais ce qu’il ressent pour toi, Christian.

 

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